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Élodie Frégé, notre amie
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 Waterloo, il y a 190 ans : le 18 juin 1815 Voir le sujet suivant
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 13:57    Sujet du message:  Waterloo, il y a 190 ans : le 18 juin 1815 Répondre en citantRevenir en haut

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Du haut des 40 mètres de la butte du Lion , vous pouvez contempler le champ de bataille du 18 juin 1815, qui s'étend sur les communes de Braine-l'Alleud, Genappe, Plancenoit (Lasne) et Waterloo.

Les premiers affrontements eurent lieu le 16 juin à Ligny et aux Quatre-Bras. Mais c'est la journée du dimanche 18 juin qui fut décisive pour les armées mises en présence.

Champ de bataille de Waterloo
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La nuit du 17 au 18 juin, Napoléon la passa à Vieux-Genappe. Le duc de Wellington, lui, s'installa à Waterloo. Les soldats alliés, quant à eux, campèrent à Mont-Saint-Jean.

Dans la matinée du 18, les troupes se rangèrent en ordre de bataille. Les hostilités débutèrent par l'attaque de la ferme Hougoumont, à Braine-l'Alleud.

Après l 'offensive de l 'infanterie du premier Corps français la cavalerie anglaise contre-attaqua, mettant les soldats de l'Empereur en échec dans l'après-midi. La cavalerie française chargea plusieurs fois sans succès.

À ce moment, l'issue de la bataille était toujours imprévisible.

À Plancenoit, les Prussiens combattirent la Garde de Duhesme, tandis que les hommes de von Zieten entrèrent en action à la ferme de Papelotte. Les Français furent contraints au repli, permettant une attaque générale des Alliés qui les mena à la victoire.

Au pied du lion, une table d'orientation permet à chacun de situer et de visualiser les endroits stratégiques de la bataille et les monuments s'y rapportant.

Ceux-ci sont l'œuvre des pays concernés qui ont voulu rendre hommage à leurs valeureux soldats.



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LE LION

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Célèbre dans le monde entier, 28 tonnes de fonte de fer ont été nécessaires pour le fabriquer. Et pour arriver ici, les hommes ont dû transporter le lion par bateau à vapeur depuis Seraing (province de Liège) avant de le déposer sur un chariot tiré par 20 chevaux.

Il est juché sur un cône de terre de 169 mètres de diamètre que les Hollandais ont élevé, de 1823 à 1826, à l'endroit présumé où le Prince d'Orange fut blessé, sur le territoire de Braine-l'Alleud.

Il a fallu prélever 290.485 m3 des terres voisines pour construire la butte de 40,5 mètres de haut et de 520 mètres de circonférence. Elle cache la colonne de maçonnerie en briques, indispensable pour supporter son poids. De plus, le Lion repose sur un piédestal de pierres de 4,5 mètres.

Au sommet d'un escalier de 226 marches, vous pourrez partager le magnifique point de vue sur tout le site de la Bataille.

Accès par le Centre du Visiteur.

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BRAINE-L'ALLEUD

Église Saint-Etienne
Le 19 juin 1815, dès l'aube, le maire de Braine-l'Alleud organisa les secours. Cette église, la plus grande de la région, fut transformé en hôpital durant les jours qui suivirent. Les sœurs des Marolles et la population civile y rivalisèrent dans un admirable élan de charité.

Château-ferme d'Hougoumont
Une des trois fermes qui, avec la Haie- Sainte et Papelotte, fut une position avancée et un verrou qui protégea l'aile droite des lignes alliées. C'est contre elle que Napoléon déclencha l'action vers 11 h 30. Ce qui ne devait être qu'une bataille de diversion allait devenir le point le plus chaud et le plus meurtrier des combats. On s'y battit férocement jusque vers 19 heures. Le verger et le jardin changèrent sept fois de main tandis que les bâtiments restèrent aux 1.500 défenseurs. Le corps de logis brûla entièrement. Il ne subsistera que quelques vestiges de l'escalier, un pan de mur et la chapelle castrale. La maison d'habitation actuelle est l'ancienne maison du jardinier.

Monument Demulder
Inaugurée le 20 juin 1986, cette stèle a été édifiée en souvenir du lieutenant de cavalerie (5e Régiment des Cuirassiers) Augustin Demulder. Né à Nivelles en 1785, il fut tué lors des terribles charges de cavalerie commandées par le maréchal Ney contre les carrés alliés.



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LASNE - PLANCENOIT

Monument français de l'Aigle blessé
Le sculpteur français, Jean-Léon Gérome a représenté dans le bronze un aigle impérial mortellement blessé tenant un drapeau français dans ses serres. Ce monument, dédié aux derniers combattants de la Grande Armée, est placé a l'endroit présumé ou le dernier carré de la Garde Impériale, dont fit partie le général Cambronne, mena une ultime et vaine résistance face aux Alliés.

Monument Prussien
Erigé en souvenir des 6.700 Prussiens morts sur le champ de bataille, ce monument est situé sur l'ancienne commune de Plancenoit, à l'emplacement d'une batterie appartenant au IVe Corps d'infanterie de von Bulow. Sur une des quatre faces, il porte, en lettres gothiques, l'inscription allemande suivante: "Aux héros morts. Le Roi et le pays reconnaissants. Qu'ils reposent en paix. Belle-Alliance, 18 juin 1815". Oeuvre du plus célèbre architecte allemand du XIXe siecle, Schinkel, il fut construit en 1819 et restauré en 1944 et 1965.

Ferme de la Haie-Sainte
Cette belle ferme, tout comme les exploitations d'Hougoumont et de Papelotte, fut transformée en fortin par les Alliés. Occupée par les six compagnies du 2e bataillon d'infanterie légère de la Légion Germanique du Roi, elles furent renforcées plus tard par deux compagnies nassauviennes. A partir de 14 heures, elles défendirent avec acharnement leur position avant de céder sous la pression française. Mais lorsque les Français réussirent à occuper la ferme, il était trop tard pour changer le sort de la bataille. Deux plaques apposées sur les murs de la ferme commémorent ces combats particulièrement meurtriers.



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GENAPPE

Genappe, ce sont de vastes horizons champêtres, de grands bois, de nombreux témoignages du passé. En 1815, le territoire de Genappe, traversé du nord au sud par la route Bruxelles-Charleroi, vécut le mouvement de flux et reflux des armées.

Ancienne auberge "Au Roi d 'Espagne "
Le 16 juin, le duc de Wellington logea à l'auberge du Roi d'Espagne; le 17 juin, ce fut au tour des Français: le prince Jérome et le général Reille; enfin, au soir du 18 juin, le maréchal Blücher s'y installa; le général Duhesme, agonisant, fut soigné dans une pièce voisine et y mourut le 20 juin.

Monument au Général Duhesme à Ways
Grièvement blessé à Plancenoit, le général comte Duhesme, commandant de la Jeune Garde Impériale, mourra à l'auberge du Roi d'Espagne et sera enterré à Ways.

Monument aux Belges
Monument très sobre érigé à la mémoire des Belges tués durant la bataille des Quatre-Bras.

Monument de Brunswick à Baisy-Thy
A la mémoire de Frédéric-Guillaume, quatrième fils du duc de Brunswick, tué dans l'après-midi du 16 juin, lors des combats meurtriers qui opposèrent aux Quatre-Bras les alliés aux troupes du maréchal Ney.

Monument de la Cavalerie Néerlandaise
Edifice très moderne érigé en 1990 à la mémoire des cavaliers néerlandais tués lors des batailles des Quatre-Bras et de Waterloo les 16 et 18 juin 1815.



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WATERLOO

Monument aux Belges morts le 18 juin 1815
Erigée en 1914, cette œuvre, due à l'architecte Callewaerts, commémore le sacrifice des soldats belges, tués lors de la journée du 18 juin 1815. Cette stèle en pierre bleue porte l'inscription suivante: "Pour la défense du drapeau et l'honneur des armées", ainsi qu'un Le trophée ! frappé d'un écusson au lion belge entouré de lauriers, et un drapeau de bronze déchiré par la mitraille.

Ferme de Mont-Saint-Jean
La ferme de Mont-Saint-Jean appartenait à l'Ordre du Temple depuis 1230, avant d'être reconstruite par l'Ordre de Malte en 1778. Transformée en hôpital militaire par les Anglais lors des sanglants combats de 1815, elle forme un vaste quadrilatère en briques chaulées, pierres blanches et bleues.

Musée Wellington
Ancien relais de poste datant du XVIIIe siècle. Le duc de Wellington y installa son quartier général au cours de la bataille de Waterloo. Le bâtiment est aujourd’hui un musée, situé au cœur de Waterloo, face à la Chapelle royale.

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carte des différents régiments et bataillons
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crânes des ennemis de Napoléon
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Dernière édition par Cricri-FB le 26 Avr 2008 à 12:46; édité 1 fois
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 13:58    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

La bataille de Waterloo

Si vous ne connaissez pas cette période de l'histoire, je vous conseille de Livre les articles ci dessous, afin d'avoir en mémoire certains faits qui se sont déroulés les jours précédants et qui furent déterminants lors de la bataille finale.

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Le 18 Juin 1815, en Belgique, au sud d'un petit village appelé Waterloo, à un endroit nommé "Mont St-Jean" situé lui-même à environ 12 km au sud de Bruxelles, se déroula une des plus célèbre bataille de toute l'histoire des guerres. Une de ces batailles qui change l'histoire du monde. Face à face, Wellington, Blücher et Napoléon , une coalition Européenne contre l'Empereur des Français.

Mais en fait, dans l'esprit des soldats Français, l'ennemi de toujours est en face, l'Angleterre .Certes, ce n'est pas la première fois que les deux armées s'affrontent sur la terre ferme depuis le début de l'empire, les vétérans d'Espagne ont encore le goût amer de la défaite en bouche. Mais cette fois, la donne à changée, car derrière la ligne bleue, près de sa Garde, "IL" est là.

Encore une fois, il va surprendre ses adversaires, personne ne l'attend. Wellington écrit au Tsar le 14 Juin qu'il entrera en France pour y combattre à la fin du mois, Blücher écrit de son côté "Qu'il pourrait bien rester là tout une année car Bonarparte n'attaquera pas". Une armée Russe et Autrichienne marchent sur la France. Attendre la jonction c'est voir la France envahie, porter la guerre sur le territoire National et affronter un ennemi très largement supérieur en nombre. La nouvelle coalition s'étant formée, Napoléon n'a pas le choix, vaincre les Anglais et les Prussiens, puis se tourner vers les frontières de l'Est.

Une solide avant-garde Prussienne est placée près de Charleroi pour protéger la Frontière, Napoléon l'enfonce et la disperse. L'armée du Nord à sa suite, il se dirige vers Bruxelles.


Ney aux "Quatre-Bras" (15,16 et 17 juin 1815)

Le 15 Juin; L'inaction
Le carrefour des Quatre-Bras est situé au sud du champ de bataille de Waterloo. Il offre un intérêt stratégique évident . (Voir carte plus bas) Mais surtout, se trouve sur la route qui doit mener Napoléon à Bruxelles.

Wellington y a disposé quelques unités, il y a environ 7 000 hommes.

À quatre heures, Napoléon reçoit le Maréchal Ney, lui confiant le Ier et le 2ème corps d'armée, la cavalerie légère de la Garde commandée par Lefebvre-Desnoëttes, et lui assurant pour demain les cuirassiers de Kellermann. La mission du Maréchal est de pousser devant lui l'ennemi et de prendre position aux Quatre-Bras (Ce carrefour est aussi parfois appelé Quatre-Chemins), pour ensuite marcher sur Bruxelles.

La tactique adoptée par l'Empereur des Français est la suivante:

Séparer son Armée en trois corps, Ney à droite, Grouchy à gauche et lui au centre avec la Garde, se portant sur l'une des deux ailes selon les circonstances, ou les affaiblissants pour renforcer son propre centre. Les deux ailes ont à peu près des forces équivalentes.

A droite, Ney a à sa disposition environ 43 000 hommes et 84 pièces d'artillerie. Le Maréchal semble apathique, aucune attaque sérieuse n'est tentée contre cette faible avant garde Coalisée.

Napoléon pense que Ney chassera les troupes Anglaises le lendemain 16, puis marchera sur Bruxelles.


Le 16 Juin; Le rendez vous manqué
L'Empereur au Mal Ney de Charleroi le 16 Juin Archives Dépôt de la Guerre

AU MARÉCHAL NEY, PRINCE DE LA MOSKOVA, COMMANDANT L'AlLE GAUCHE DE L'ARMÉE DU NORD.
Charleroi, 16 juin 1815,
Mon cousin , je vous envoie mon aide de camp le général Flahault , qui vous porte la présente lettre, Le major général a dû vous donner des ordres mais vous recevrez les miens plus tôt, parce que mes officiers vont plus vite que les siens, Vous recevrez l'ordre de mouvement du jour, mais je veux vous en écrire en détail, parce que c'est de la plus haute importance.

Je porte le maréchal Grouchy avec les 3e et 4e corps d'infanterie sur Sombreffe; je porte ma Garde à Fleurus, et j'y serai de ma personne avant midi, J'y attaquerai l'ennemi si je le rencontre, et j'éclairerai la route jusqu'à Gembloux. Là, d'après ce qui se passera, je prendrai mon parc peut-etre à trois heures après midi , peut-être ce soir. Mon intention est que , immédiatement après que j'aurai pris mon parc, vous soyez prêt à marcher sur Bruxelles, Je vous appuierai avec la Garde, qui sera à Fleurus ou à Sombreffe, et je désirerais arriver à Bruxelles demain matin, Vous vous mettriez en marche ce soir même , si je prends mon parc d'assez bonne heure pour que vous puissiez en être informé de jour et faire ce soir trois ou quatre lieues et être demain à sept heures du matin à Bruxelles.

Vous pouvez donc disposer vos troupes de la manière suivante:

Première division , à deux lieues en avant des Quatre-Chemins , s'il n'y a pas d'inconvénient; six divisions d'infanterie autour des Quatre-Chemins , et une division à Marbais , afin que je puisse l'attirer à moi à Sombreffe , si j'en avais besoin; elle ne retarderait d'ailleurs pas votre marche;

Le corps du comte de Valmy, qui a 3,000 cuirassiers d'élite, à l'intersection du chemin des Romains et de celui de Bruxelles, afin que je puisse l'attirer à moi si j'en avais besoin, Aussitôt que mon parc sera pris , vous lui enverrez l'ordre de venir vous rejoindre.

Je désirerais avoir avec moi la division de la Garde que commande le général Lefebvre-Desnoëttes, et je vous envoie les deux divisions du corps du comte de Valmy pour la remplacer, Mais, dans mon projet actuel , je préfère placer le comte de Valmy de manière à le rappeler si j'en avais besoin, et ne point faire faire de fausses marches au général Lefebvre-Desnoëttes, puisqu'il est probable que je me déciderai ce soir à marcher sur Bruxelles avec la Garde. Cependant couvrez la division Lefebvre par les divisions de cavalerie d'Erlon et de Reille, afin de ménager la Garde: s'il y avait quelque échauffourée avec les Anglais, il est préférable que ce soit sur la ligne que sur la Garde.

J'ai adopté comme principe général, pendant cette campagne, de diviser mon armée en deux ailes et une réserve. Votre aile sera composée des quatre divisions du 1er corps, des quatre divisions du 2e corps, de deux divisions de cavalerie légère et de deux divisions du corps du comte de Valmy. Cela ne doit pas être loin de 45 à 50,000 hommes.

Le maréchal Grouchy aura à peu près la même force et commandera l'aile droite.

La Garde formera la reserve, et je me porterai sur l'une ou l'autre aile , selon les circonstances. Le major général donne les ordres les plus précis pour qu'il n'y ait aucune difficulté sur l'obéissance à vos ordres lorsque vous serez détaché , les commandants de corps devant prendre mes ordres directement quand je me trouve présent.

Selon les circonstances, j'affaiblirai l'une ou l'autre aile, en augmentant ma réserve.

Vous sentez assez l'importance attachée à la prise de Bruxelles. Cela pourra d'ailleurs donner lieu à des incidents, car un mouvement aussi prompt et aussi brusque isolera l'armée anglaise de Mons, Ostende, etc, Je désire que vos dispositions soient bien faites , pour qu'au premier ordre vos huit divisions puissent marcher rapidement et sans obstacle sur Bruxelles.

Le maréchal Ney semble hésiter puis se met en route tard sans trop de conviction.

Trop tard, Wellington devant l'hésitation de Ney la veille, à fait se positionner au carrefour les troupes du Prince d'Orange et ses 25 00 hommes.

Quelques assauts néanmoins vigoureux seront menés sans grands résultats.

Déjà, la cavalerie Française se brise contre les carrés des Coalisés sans les entamer sérieusement.

L'empereur lui est pendant ce temps en train de livrer une terrible bataille aux Prussiens de Blücher, un peu plus à l'est, à Ligny et à Fleurus.

Il ordonne à Ney, qu'il pense tranquille, de venir couper la retraite des Prussiens afin de prendre son armée en tenaille, et de l'anéantir.

Puis étant informé que Ney à affaire à une résistance plus sérieuse, ordonne au maréchal de contenir les Anglais avec le 2ème corps de Reille et la cavalerie, et de faire faire ce mouvement au seul 1èr corps de Drouet D'erlon. Le corps de d'Erlon se met en marche vers Ligny, mais pas dans la direction topographique logique , a tel point qu'il provoquera un début de retraite dans les rangs Français se battant à Ligny, le corps de D'Erlon étant identifié comme ennemi !.

La bataille des quatre bras se termine sans véritable vainqueur, bien que les Coalisés quittent la position talonnés par les Français. Wellington opte pour une retraite stratégique, rejoint le gros de ses forces adossées à la forêt de Soignes, au Mt St Jean. Néanmoins de nombreux officiers généraux Coalisés sont tués.


Le 17 Juin; Trop tard
Napoléon pensait pouvoir engager le combat le jour même, contre les Coalisés , mais il ne dispose pas de temps suffisant avant la nuit. On se battra le lendemain.

Le temps perdu va avoir des conséquences dramatiques, Wellington à eu le temps d'établir de solides défenses au Mt St jean, défenses qui gêneront considérablement les attaques Françaises.
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Mais surtout, ce temps perdu permettra aux Prussiens d'arriver sur le champ de bataille, et ainsi d'apporter la victoire aux coalisés.

Les pertes totales des coalisés aux "Quatre-Bras" se monteront à 3149* hommes tués, blessés ou disparus

*Source: Courrier de Wellington, le 19 Juin.
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 13:59    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

La bataille de Ligny (16 juin 1815)

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Le 16 Juin ; 12h00: L'affrontement
Napoléon arrive sur le champ de bataille avec une partie de ses troupes et prend position autour du moulin de Fleurus. Il dispose du 3ème corps, de la 1ère et 2ème Divisions de Cavalerie, de la cavalerie de Grouchy, et un peu en retrait de la redoutable Garde Impériale , elle-même suivie des cuirassiers de Milhaud. Le 4ème corps de Gérard en marche va rejoindre l'Empereur vers 13h00.

En face est installé le 1er Corps Prussien de Von Zieten, mais l'on peut distinguer au loin de forts mouvements de troupes présumés du 2ème corps de Von Pirch I et du 3ème corps de Thielmann. Les mouvements de troupes semblent indiquer que les Prussiens cherchent à se joindre aux Anglais par la voie Romaine.

Ligny
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15h00: "Si Ney manœuvre correctement, pas un canon ne réchappera de cette armée"
Napoléon réalise alors qu'il à en face de lui la quasi totalité de l'armée Prussienne. Si la fortune lui sourit, il va en finir aujourd'hui avec Blücher, car il pense que Ney va les prendre à revers conformément aux multiples ordres de marche envoyés au Maréchal.

Mais apprenant que celui ci est engagé face à 20 000 coalisés, il ordonne au Maréchal Ney de détacher le 1èr Corps commandé par Drouet D'Erlon et de lui faire faire seul cette manœuvre.

Les batteries de la Garde viennent de tirer 3 coups à blanc, c'est le signal de l'engagement, la bataille commence.

Une bataille qui selon de nombreux témoignages fût d'une férocité rarement égalée, certains officiers Prussiens , pourtant vétérans, diront qu'ils n'ont jamais vu les Français aussi enragés!! . On combat au corps à corps, la division Girard se distingue particulièrement par sa bravoure, son chef sera mortellement blessé. On se fusille et se canonne à bout portant. Les Prussiens commandés par Blücher sont tenaces et ne manque pas de courage, eux aussi. Les combats sont particulièrement meurtriers. On s'aborde à la baïonnette, certains soldats en viennent aux mains "C'est comme si chacun d'entre eux avait un compte personnel à régler avec l'ennemi en face" Au centre, l'affrontement vire au carnage.


18h00 "Le doute"
L'Empereur veut en finir et attend que les renforts de Ney débouchent derrière les lignes Prussiennes pour donner le coup de boutoir final avec sa Garde. Les préparatifs commencent. Dès qu'il entendra la canonnade Française sur les arrières ennemis, il lancera dans la bataille les fidèles des fidèles, sa Garde Impériale et ce sera la fin de l'armée Prussienne, prise en tenaille.

Soudain, un aide de camp lui signale des mouvements de troupes sur sa gauche à environ trois kilomètres. Cette colonne forte d'environ 30 000 hommes à été reconnue comme ennemie, forçant l'héroïque division Girard à abandonner ses positions durement conquises pour éviter l'encerclement. Vandamme sans couverture de flanc est alors en difficulté.

Napoléon est perplexe, d'après la direction empruntée par la colonne ennemie, il ne peut s'agir des renforts de Ney. Mais alors, à quelle armée appartient t'elle ? Napoléon fait suspendre les préparatifs d'assaut de la Garde pour le cas ou la colonne ennemie viendrait à tourner sa gauche. La Garde étant l'ultime réserve, elle seule sera en position favorable pour affronter cette colonne, ou plus vraisemblablement, comme à son habitude, pour jouer son rôle dissuasif. Une bonne partie de cette réserve sera détachée et envoyée à Vandamme; la jeune Garde de Duhesme suivie par les 2ème, 3ème et 4ème régiments de Chasseurs à Pied de la Garde.

La Garde à pied, ultime réserve d'infanterie lourde, est maintenant engagée environ de moitié.

La gauche Française flanche et perd du terrain, d'une part, sous la pression Prussienne, mais surtout d'autre part, parce qu'elle cherche une position de repli face à cette fameuse colonne ennemie qui menace de la prendre à revers. Soudain, la Jeune Garde déboule au pas de charge et refoule les Prussiens. Pour la 3ème fois dans l'après-midi les Français reprennent "le Hameau".

Entre temps, Blücher reçoit un message de Wellington l'informant qu'il ne peut lui envoyer de troupes car il est lui même au prise avec un corps Français engagé aux Quatre-Bras (Ney). Qu'à cela ne tienne, le Prussien gagnera seul. Le vieux général de 73 ans voue une haine mortelle aux Français et à Napoléon. Il rassemble ses forces et ses troupes pour un ultime assaut, puis jette l'ensemble sur les lignes Impériales.

Ses troupes sont stoppées net par les trois régiments des Chasseurs à pied de la Garde, véritable digue humaine en ligne, accueillant les ennemis par des feux de bataillon mortels. La Pluie commence à tomber.


LA VICTOIRE
La nouvelle arrive, la colonne ennemie est en fait le corps Français de Drouet D'erlon, détaché par Ney. Trop tard pour envelopper les Prussiens, mais au moins l'Empereur est sauf sur son flanc gauche. La bataille peut être gagnée et il va éloigner Blücher de Wellington suffisamment longtemps pour battre les Anglais désormais seuls. Il s'occupera du reste de l'armée Prussienne plus tard.

La Garde de réserve se forme en 2 colonnes, la première composée du 2ème, 3ème et 4ème Grenadiers à pied de la Garde, et la seconde du 1er Chasseurs et du 1er Grenadiers à pied de la Garde, l'élite de la Vieille Garde. Ils seront épaulés par la cavalerie lourde de la Garde, les "Gros Talons" et par les cuirassiers de Milhaud.

Pour les troupes Prussiennes qui vont recevoir le choc, l'effet psychologique est considérable. Deux colonnes, grenadiers en tête , composées des soldats les plus craints du continent s'avancent sur eux. Coiffés du bonnet d'ourson sur un corps de "géant" , les Grenadiers de la Garde présente à l'ennemi une tête de colonne d'environ deux mètres trente de haut, effet garanti. Aussi bien sur l'ennemi d'ailleurs qui commence à rétrograder, que sur la ligne Française qui voit avec soulagement se profiler la fin de la bataille. La Garde est au feu, la bataille va prendre sa tournure définitive; c'est soit la victoire, soit le désastre. La réponse est donnée dans l'heure qui suit.

Blücher lance alors contre les bonnets à poils Français, surnom de la Vieille Garde, sa réserve de cavalerie, soit 32 escadrons.

Ces cavaliers seront refoulés par la Vieille Garde et reconduits par Milhaud. Il fait presque nuit.

Dans une ultime charge, le vieux Blücher tombe de son cheval mort, aussitôt piétiné par les cuirassiers Français qui chargent les Prussiens. Son aide de camp est avec lui, le Maréchal est légèrement blessé, mais fait extraordinaire, aucun des cuirassiers ne l'a identifié à cause de l'obscurité. Il est presque dégagé de son cheval mort, lorsque à ce moment précis les mêmes cuirassiers reviennent en sens inverse pour se reformer et charger à nouveau, là encore, personne ne l'a reconnu. Il sera ensuite pris en charge par des cavaliers Prussiens qui talonnaient les cuirassiers Français. Fortement contusionné, le vieux maréchal se fera frictionner à l'eau de vie. L'on raconte qu'il se fera attacher sur son cheval à Waterloo.

Blücher manque d'être pris
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Le centre Prussien est enfoncé, au milieu de la brèche, la Garde* qui culbute tout sur son passage. Les Prussiens se replient, mais en bon ordre. La colonne de D'Erlon trop faible est mal dirigée géographiquement ne sera d'aucun véritable secours à L'Empereur. Malgré cela, la bataille est gagnée. Napoléon rappelle ses troupes et organise le bivouac, la Grande Armée sera bientôt couchée, autour d'elle, 20 000 hommes, blessés ou tués le sont également. Les Prussiens n'étant pas très loin, la Garde bivouaque en carrés, feux éteints. L'Empereur couche au milieu de ces remparts vivants. "Ma plus grande erreur, c'est d'avoir couché à Fleurus, si j'étais arrivé la veille devant Wellington, les Prussiens n'auraient pas eu le temps de rejoindre", Dira Napoléon plus tard à Sainte Hélène, après avoir refait pour la énième fois la bataille sur ses cartes.

* Dans les rapports Prussiens, la Garde est appelée "Troupes d'Elite"

Le maréchal Grouchy sera envoyé ensuite à la poursuite des Prussiens avec 30 000 hommes d'infanterie et 5 500 cavaliers, formant l'aile droite. Il aura pour mission d'empêcher la jonction de Blücher avec l'armée de Wellington.

Son absence fera cruellement défaut à la Bataille de Waterloo.

Ainsi s'achève la dernière grande bataille victorieuse de l'empire.
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 13:59    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

Organisation et position dans la bataille de Waterloo

Grenadier de la Garde (Tel qu'on à pu le voir à Waterloo)
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LA GARDE A PIED
La Garde est l'unité d'élite par excellence, une armée dans l'armée ; aucun passe droit pour y entrer, seule la bravoure, l'ancienneté, et une certaine taille étaient les conditions d'entrées dans ce corps prestigieux. Les grenadiers sont classés par taille, plus grand, env. 1.83 m minimum contre 1.73 m minimum chez les chasseurs. Toutefois, certaines rares exceptions furent admises chez les chasseurs pour accepter des soldats hors critères de taille, mais d'une bravoure exceptionnelle (Arme d'honneur par exemple).

LA GENÈSE
Ce corps servait à l'origine de garde particulière aux gouvernements de la révolution, (Garde du Directoire) puis aux Consuls ( Garde Consulaire) , puis à l'Empereur. (Garde Impériale). Elle était à l'origine constituée de Grenadiers à pied, à cheval et de quelques unités d'artillerie C'est sur cette Garde et sur les Grenadiers que Bonaparte s'appuiera pour son coup d'état du 18 Brumaire.

La Garde devant servir de modèle à l'armée, elle se transforma en unité combattante. Elle devint la réserve de l'armée. Elle est utilisée en dernier ressort, pour donner le coup de grâce, ou pour débloquer une situation périlleuse, à l'instar de la Garde Prétorienne Romaine.

CONSTITUTION et RÈGLEMENTS
La Garde Impériale est constituée au départ de l'empire par décret Impérial du 29 Juillet 1804, la Garde Consulaire devient la Garde Impériale. Bien que crée officieusement le 19 Mai. Elle comprendra deux régiments, un de grenadiers et un de chasseurs. Chacun de ses régiments était composé de trois bataillons; deux bataillons de Garde et un bataillon de vélites, et organisé comme suit:
Chaque bataillon de Garde est constitué de 8 compagnies comprenant chacune: 1 capitaine, 2 lieutenants en premier, 2 lieutenants en second, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 fourrier, 8 caporaux, 2 sapeurs, 80 grenadiers ou chasseurs et 2 tambours.
Le bataillon de vélites est constitué de 5 compagnies comprenant chacune : 1 premier lieutenant, 1 second lieutenant, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 fourrier, 8 caporaux, 172 vélites et 2 tambours. L'encadrement est assuré par des colonels et généraux en premier et en second. A sa tête un général d'armée ou un Maréchal.

Le Vélite est un futur Garde, il est destiné à être versé dans les effectifs des deux premiers bataillons si besoin est, et formera son encadrement .(Départ pour les vétérans de la Garde, pertes subies, mutations, promotions ou exclusions).

Une taille minimale est imposée, environ 1m83 pour les grenadiers et 1m73 pour les chasseurs.(Ceci est valable aussi pour les unités de cavalerie).

Il fallait un minimum de 10 ans de service pour entrer au 1er régiment, et 8 pour le second et avoir eu aux cours des combats un comportement irréprochable, être de bonne moralité et savoir Livre et écrire, bien cette dernière consigne semble avoir été quelques fois oubliée, elle était néanmoins une condition d'entrée. Pour les officiers, ajouter deux ans à chaques critères. La valeur des ses régiments était liée aux conditions draconiennes de recrutement. Les soldats étaient admis dans la Garde pour leurs qualités de soldat et non par qualité de naissance ou par népotisme.

La discipline au sein de ce corps était très dure, mais humaine. Les sanctions d'expulsions dans la ligne définitive. Chaque Garde avait le grade supérieur dans la ligne. Un caporal de la Garde est caporal chef dans la ligne par exemple.

À noter, les châtiments corporels y sont interdits, les Gardes se vouvoient et s'appellent "Monsieur". Le port de la Moustache "en crosse de pistolet" est obligatoire, ainsi que celui des pattes ou favoris. La moustache est rasée pendant les quatre mois d'hiver. Les sapeurs portent la barbe. La Vieille Garde porte les cheveux longs en deux tresses nouées sur la nuque et poudrés de blanc/gris, attachés avec un cordonnet frappé d'une grenade d'argent ou à l'Aigle. Les cheveux poudrés blancs qui viraient au gris ont contribué à son appellation "Vieille" Garde. Chaque soldat de la Vieille Garde porte à chaque oreille un anneau d'or de la taille d'un écu.

Outre la Vieille Garde on trouve aussi la Moyenne Garde constituée en 1806 avec les Vélites de la Garde composée de Fusiliers Grenadiers et de Fusiliers Chasseurs, puis la Jeune Garde crée en 1808, composée de Tirailleurs (Futurs Grenadiers) et de Voltigeurs( Futurs Chasseurs), unités destinées à servir de pépinière à la Vieille Garde. La Moyenne Garde est plus exposée au combat que ses aînés. Quant à la Jeune Garde, elle y est engagée sans précautions particulières, et presque systématiquement; ils formeront la future Vieille Garde et doivent donc être des combattants expérimentés. A Waterloo, la Moyenne Garde n'existe plus car elle est officiellement intégrée à la Vieille Garde. Néanmoins, ils sont toujours appelés Moyenne Garde par les autres troupes.

Tous les officiers de la Garde sont de Vieille Garde, les s/officiers montent d'un cran dans la hiérarchie, un s/officier de la Jeune Garde fait partie de la Moyenne Garde, et ainsi de suite.

MISSIONS
La mission principale de la Garde était la protection de l'Empereur, mais rapidement la Garde est devenue une unité combattante. Réserve de l'armée, elle forme son épine dorsale. Servant de modèle à l'armée, elle doit être irréprochable. Passivement, elle encadre également les autres troupes, et renforce la cohésion au sein de toutes les unités par sa seule présence et son comportement. Elle est le ciment de la Grande Armée.

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Quand Napoléon couchait au milieu de ses troupes, c'était invariablement au milieu de la Garde. La Garde possède un uniforme plus prestigieux et de meilleure coupe, ainsi qu'un armement qui lui est propre. La solde y est supérieure, la nourriture meilleure. Elle est prioritaire en ravitaillement pendant les campagnes. Et en temps de paix, elle à souvent le privilège de cantonner à Paris. Elle à son propre corps de musiciens. Au combat, la Garde porte la Grande Tenue. (Sauf à Waterloo).

Je parle ici beaucoup de la Garde à pied, car c'est elle qui va jouer un rôle majeur dans la fin de la bataille de Waterloo. La Garde comprend également des corps de cavalerie, dont les fameux Chasseurs à Cheval ainsi qu'une unité de Lanciers Polonais, particulièrement fidèles à l'Empereur. Les Chasseurs à Cheval étaient les unités favorites de l'Empereur. Sachant ménager la chèvre et le chou, il dormait au milieu de la Garde à Pied mais portait très souvent l'uniforme vert de colonel des Chasseurs à cheval de la Garde. Citons aussi les Grenadiers à cheval, les Dragons de l'Impératrice, la gendarmerie d'élite, etc. Dans ces régiments montés l'ont peut être de Vieille Garde, de Moyenne ou de Jeune Garde, les premiers régiments ou escadrons indiquant l'appartenance par ordre décroissant. La Garde possède également sa propre artillerie, à pied ou à cheval, célèbre pour ses pièces de 12,"les plus belles filles de l'Empereur".

La Garde a compté dans ses rangs des régiments aussi hétéroclites que des mamelouks ou des éclaireurs tartares, des Gardes Hollandais à l'uniforme blancs et une petite Garde attachée au Roi de Rome, fils de l'Empereur, futur Napoléon II qui sera l'Aiglon au destin tragique. Il était d'ailleurs consigné que pour ces enfants le port de la moustache n'était pas obligatoire. Cette unité se battra avec courage dans les vignes de Montmartre en 1814, refusant de décrocher jusqu'à l'ultime instant, pendant que les vétérans réformés de la Garde, "les vieux de la Vieille" se battaient comme des lions autour des Invalides. Elle contient également des unités d'artillerie, redoutable et redoutées, de marins qui furent de presque toutes les campagnes en combattant à pied, remplaçant le plus souvent les artilleurs de la Garde tués à au combat. La Garde à ses instructeurs et une administration qui lui est propre Son service de santé est commandé par le célèbre chirurgien Dominique Larrey.

Pour l'anecdote, lorsqu'un soldat de la Vieille Garde part en retraite ou est réformé, il devient "un vieux de la Vieille", expression restée de nos jours. Napoléon est particulièrement bienveillant avec sa Vieille Garde, qui lui voue en retour une admiration sans bornes,l'Empereur qui sait mener les hommes, utilisait fréquemment sur ces soldats des gestes symboliques qui galvanisait ces troupes; le fameux "tirage" d'oreille", ou la remise de sa propre légion d'honneur, appelée "La croix", à un soldat particulièrement valeureux. Le fin du fin était de recevoir de l'Empereur sa propre croix qu'il détachait de sa poitrine pour l'accrocher lui même à l'uniforme du soldat courageux. Hors campagne, Napoléon se promenant dans les parcs avec l'Impératrice et son fils, confiait souvent ce dernier à un Vieux Grenadier ou Chasseur de service, qui le portait dans ses bras. C'était pour le vieux soldat la récompense suprême.

Ainsi, celui que l'on appellera l'Aiglon, le roi de Rome, était pour eux aussi une source de vénération. A la restauration de 1814, la Vieille Garde rebaptisée "Grenadiers de France" avait une fâcheuse tendance à tomber subitement aphone au moment de crier "Vive le Roi". Ces fidèles de Napoléon pour ne pas être punis utilisaient le subterfuge suivant ; Ils criaient "Vive le Roi", puis quelques uns rajoutaient "De Rome", titre de l'Aiglon.

Sachez que la Garde Impériale à pied est considéré comme un des corps les plus valeureux de toute l'histoire des armées.

À WATERLOO

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POSITIONS DANS LA BATAILLE

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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 14:00    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

La bataille de Waterloo

Présentation


Napoléon 1er
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A. Wellington
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G. Blücher
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Image Napoléon qui voulait commencer la bataille le matin à l'aube, n'ayant pu le faire la veille, est contraint d'attendre la mi-journée que cesse la Pluie et que le terrain soit praticable. La boue retarde considérablement l'arrivée des troupes sur le champ de bataille. Le canon s'enfonce, le cheval s'embourbe, le soldat s'enlise, pas un élément n'avance à une cadence normale. Les coalisés ne sont pas mieux logés, les soldats ont passé la nuit dehors, leurs uniformes sont trempés, mais plus grave, leurs fusils sont inutilisables pour le moment et les troupes doivent tirer à blanc pour sécher les bassinets. Wellington en personne demanda d'arrêter car "il craignit que cette fusillade ne déclenchât l'attaque des Français."

Le temps (Horaire) est l'allié des Coalisés, plus il passe, plus les chances augmentent. Pour Napoléon, le temps s'écoule en augmentant pour lui les risques.

Image Pour les soldats des armées du Duc, le spectacle mouvant des sillons versicolores de l'armée Française est superbe, mais impressionnant. Un peu plus en arrière, plus inquiétant encore, débouchent les longues colonnes sombres de la Garde.

L'armée commandée par Wellington a pris position sur un plateau appelé Mt St Jean. Wellington à fait renforcer les défenses d'un gros corps de ferme composé d'une maison de maître et de ses dépendances sur sa droite; Hougoumont. Une ferme au centre nommée "la Haye Sainte", ainsi qu'une autre sur sa gauche nommée "Papelotte" sont aussi fortifiées . Dans ces trois bâtiments, des troupes retranchées attendent l'assaut. Malgré tout, cette armée est dangereusement adossée à la forêt de Soignes, rendant toute retraite en bon ordre impossible. Les coalisés sont dos au mur.La retraite serait une débâcle, impossible à gérer. Les éléments seraient éparpillés dans la grande forêt qui s'étend jusqu'au faubourgs de Bruxelles. La seule voie de retraite étant la route de Bruxelles, qui comme toutes les routes de campagne de l'époque n'est pas très large.

Devant eux, la légende vivante et son armée, armée qui vocifère et hurle depuis quelle a aperçu la longue ligne rouge au centre de l'armée de Wellington, certains l'attendait depuis Boulogne. Cette fois ci, parmi les autres troupes, l'ennemi de toujours est là. L'on va pouvoir enfin s'égorger entre vrais ennemis. Les sujets de ceux qui ont organisé toutes les coalitions contre la France depuis la Révolution vont payer la lourde ardoise. Tans pis pour eux, si leurs dirigeants ont monnayé et acheté les soldats des autres puissances Européennes comme des mercenaires pour les jeter contre la France. L'Anglais est là. Il va payer.

En face, le jugement est différent; les armées Françaises ont mis à feu et à sang l'Europe pendant longtemps. Ils faut que cela cesse car Napoléon évadé de son île va recommencer.

La politique consistant à présenter l'une ou l'autre des versions selon ses affinités, l'historien lui se contentera des faits.

Jamais les soldats de l'empire ne furent aussi pressés de combattre, malgré des rumeurs persistantes de trahison, jamais l'enthousiasme ne fût aussi grand dans les rangs Impériaux. Jamais elle ne sera pourtant aussi fragile.

Hussard (Brunswick)
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Image Les troupes étrangères alliées aux Anglais, dont certaines avaient combattu dans les rangs de l'empire savaient eux d'expérience que le choc serait rude et décisif. Certains d'entre eux ne sont guère enthousiastes à l'idée d'avoir à affronter leurs anciens frères d'armes. Avantage, ils sont vétérans et connaissent parfaitement les manoeuvres types de leurs ennemis. Parmi eux, des officiers reconnus pour leur bravoure, comme l'infortuné Van Merlen, ancien officier des lanciers de la Garde, qui sera tué, ou Chassé, qui lancera la cavalerie sur les bataillons de la Garde lors de l'assaut du Mt St Jean. En tous cas, pour beaucoup d'acteurs de cette célèbre journée, et quel que soit leur camp, le rideau venait de se lever pour la dernière fois.

Les Anglais qui représentent un peu plus d'un tiers des troupes présentes étaient comme à l'habitude, sûrs d'eux. L'armée Anglaise est une armée de métier, et il y a dans ses rangs des vétérans d'Espagne, même de très rares anciens d'Amérique. Les Anglais ont été de tous temps de très bons fantassins, ils disposent en outre d'un armement léger largement supérieur à celui de leur ennemi. Cette armée est sûre de la disposition de sa ligne sur deux rangs et pense que "Boney", surnom donné à Napoléon, ne passera pas, car Wellington est là. Ils ont parfaitement raison sur le fond, mais se trompent lourdement sur la forme. Si une bonne partie des troupes Coalisées se battirent impeccablement , la future victoire à bien d'autres raisons que leur seule bravoure, leur ordonnancement propre ou leur Commandant en chef.

Si l'Infanterie fût irréprochable, surtout la brigade de Nassau et les brigades Anglaises, la cavalerie coalisée eût un comportement déplorable. Habituées aux charges fougueuses mais non contrôlables. L'on a pu assister à un refus pur et simple du combat pour certaines unités (Brigade Légère de Van Merlen, La 3em Brigade de Ghigny, Brigade de Trip, etc.). En fin de journée, elle trouvera plus son compte en sabrant les fuyards ou en s'acharnant sur une Vieille Garde moribonde. Redevenant tout à coup apathique devant la résistance des deux carrés du 1er Grenadiers de la Garde, en réserve à Rossome. Lord Somerset refusa même d'exécuter un mouvement de troupes." De peur que la cavalerie Néerlandaise qui l'accompagnait n'en profite pour décamper."

En revanche, ce jour là, l'infanterie Anglaise livrera une de ses plus héroïque défense, sa tenue au combat frisera la perfection. Ce qui ne surpris pas Wellington qui savait pouvoir vaincre avec son infanterie, mais disait de sa cavalerie:

"Nos officiers galopent sur tout ce qu'ils voient et se retirent aussi vite. Il semble qu'il leur soit impossible de manœuvrer ailleurs qu'à Wimbledon"

Du reste, la charge de la cavalerie lourde de Lord Uxbridge (Royaux et Scots Greys) , bien que courageuse, lui donna raison. Emportée par son élan sur le Corps de D'Erlon au début de la bataille, elle fût incapable de s'arrêter et alla se fracasser sur la ligne Française, puis presque anéantie par une partie de la cavalerie Impériale.

Les troupes Françaises, en dehors d'un enthousiasme rare, se battirent avec un courage certain, jusqu'à la terrible débandade générale ou plus aucun d'entre eux ne sembla se souvenir avoir été un soldat. Napoléon avait dit de ses sujets " Le Français est plus qu'homme dans la victoire, plus que femme dans la défaite". Nous aurons l'occasion de revenir en détail sur le légendaire sacrifice de la Garde Impériale.

Le comportement des Prussiens fût comme souvent, sobre, mais terriblement efficace.

Waterloo est le nom d'un petit village situé au Nord , dont le rôle joué dans la bataille est inexistant. Wellington y a simplement pris ses quartiers les jours précédents. Le nom officiel de cette bataille pour l'armée Française sera un temps "la bataille du Mont St Jean". Les Prussiens voulurent l'appeler la bataille de "La Belle Alliance". Nom qui convenait mieux pour désigner la coalition. Wellington s'y refusa.


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Légende :
ROUGE ; WELLINGTON, NOIR ; BLUCHER, BLEU CLAIR NAPOLEON (Ligne), BLEU FONCÉ; NAPOLEON (Garde)
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 14:01    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

La bataille de Waterloo

1) Les trois coups

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HOUGOUMONT

Image Napoléon se trouve au lieu-dit "La Belle Alliance", une auberge située sur le versant opposé du plateau occupé par les Coalisés.

La batterie de la Garde sonne tonne trois coups à intervalles réguliers, c'est l'attaque.

L'empereur à comme objectif la prise du village de Mont-St-Jean, la perpendiculaire imaginaire tracée de "La belle Alliance" au village de Mont-St-Jean coupe la ligne de front des coalisés en deux presque son centre:

Ceci dans le but d'appliquer sa tactique préférée , couper la ligne de front en deux, puis se rabattre sur les deux ailes et les battre séparément.

Afin de tromper l'adversaire, une manœuvre de diversion est tentée sur l'aile gauche, le Prince Jérôme et le deuxième corps de Reille ont reçu l'ordre d'occuper les abords d'Hougoumont. Ceci obligera Wellington à soutenir sa droite en dégarnissant son centre.

Ainsi, le centre Anglais affaibli sera plus facile à percer. Notez que l'Empereur ordonne la prise des abords d'Hougoumont, pas du corps de ferme. Il n'existe pas de trace écrite de cet ordre. Néanmoins Reille déclarera après coup qu'il s'agissait de "tenir dans le fond, derrière le bois en entretenant en avant une bonne ligne de tirailleurs" et qu'il avait maintes fois renouvelé cet ordre, mais en vain. L'ordre verbal de l'Empereur est certain, car Reille n'aurait pas engagé la bataille sans ordres formels de Napoléon.

Hougoumont possède ce qui est décrit quelque fois comme un petit château , pas un château de type médiéval, mais plutôt en fait une grande et solide bâtisse avec un mur d'enceinte, que nous pourrions appeler "Maison de maître". Les assaillis retranchés ici peuvent faire de sérieuses brèches dans les rangs ennemis. Autour et derrière, un verger et également un petit bois. Ce dernier est occupé par bataillon de Nassau et une compagnie de carabiniers Hanovriens.

Le bois est touffu , le 1er léger s'y engage, suivi par le 3em de ligne, une batterie de canons du 2em corps ouvre le feu sur la position ennemie, une batterie Anglaise postée au bord du plateau riposte, Les officiers Anglais regarde leur montre; Il est 11h35. La bataille est engagée.

Il faudra une heure pour repousser les défenseurs, renforcés entre temps par des compagnies de gardes Anglaises et arriver à 30 pas du corps de ferme. Emportés par un élan fougueux , mais néfaste, les Français continuent l'assaut, et viennent se heurter au mur d'enceinte percé de meurtrières. Un feu nourri et précis les accueillent, puis les dispersent, l'assaut est brisé. Encore une fois depuis le début de la campagne, les ordres sont bafoués. L'impétuosité Française qui à offert tant de victoires à l'empire est aujourd'hui un danger pour lui.

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Le général Guillemot, chef d'état major de Jérôme Bonaparte, conseille à ce dernier de suivre les ordres et de tenir le bois simplement. Mais le Prince refuse et ordonne à la deuxième brigade de Soye de relever la première brigade de Baudouin, d'en intégrer les survivants, et de tourner Hougoumont par l'Ouest en vue d'une attaque de la façade Nord du bâtiment. L'on à l'impression que chaque homme présent sur le champ de bataille veut battre les coalisés à lui tout seul.

Image Cette colonne un peu chaotique va devoir louvoyer à moins de six cents mètres des batteries Anglaises. Lorsque, enfin ,elle arrive à l'entrée nord, et malgré que le Lt Legros ai réussi à enfoncer un battant de porte et à pénétrer dans la cour avec quelques soldats, l'attaque est un échec. Legros et ses hommes sont fusillés à bout portant, tandis que dévalent des pentes du Mt St Jean quatre compagnies de Coldstream envoyées en renfort par Wellington. Les Français pris entre deux feux doivent se replier. Pourquoi n'avait t'ont pas canonné à outrance ce bâtiment avant de porter l'assaut, c'est une des nombreuses questions qui vont faire de cette bataille une des plus controversées de l'histoire, en ce qui concerne l'efficacité du commandement Français.

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Image L'empereur pendant ce temps prépare une concentration d'artillerie pour pilonner le centre Anglais, composée des batteries du 1er corps et des batteries de la Garde, 80 pièces au total placées en avant et sur la droite de la "Belle Alliance".

Le soleil maintenant à fait son apparition, et chauffant la terre mouillée provoque une petite brume bien connue des gens du Nord. Un aide de camp de Ney vient aux ordres, Napoléon jette un dernier coup d'œil sur le champ de bataille avant qu'il ne soit masqué par la fumée de la grande batterie qu'il vient de mettre en place. Surprise et inquiétude; A deux lieues au nord-est, un nuage sombre semble sortir du bois de la Chapelle St Lambert. Napoléon consulte son entourage à propos de ce nuage, certains n'y voient rien, d'autre des Français, d'autre des Prussiens. L'Empereur dont le coup d'œil est légendaire, lui, sait. Beaucoup trop loin pour distinguer les uniformes, il a quand même reconnu un mouvement de troupe. Très vite, il sera fixé, un sous-officier du 2em lanciers de Silésie fait prisonnier lui apprend ce qu'il redoutait; les troupes aperçues sont l'avant garde de Von Bülow, commandant le 4 em corps Prussien fort d'environ 30 000 hommes.

L'Empereur interrogeant le prisonnier
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l'Empereur n'est toutefois qu'à demi surpris, mais inquiet. L'armée Prussienne qui selon Grouchy faisait route sur Bruxelles opérait un mouvement de flanc pour rejoindre Wellington, laissant le 3em corps de Von Thielmann sur place pour faire écran et tromper Grouchy. A ce moment précis, Napoléon sait que les Prussiens peuvent déboucher sur son aile droite, ou pire, fondre sur ses arrières en coupant sa retraite. Du reste c'est précisement ce qu'il vont faire en arrivant sur le champ de bataille.A moins que Grouchy ne s'interpose, la partie est dors et déjà mal engagée car l'initiative va échapper à l'Empereur.

Napoléon fait ajouter un post scriptum à la lettre que Soult écrit à Grouchy, il signale la présence du corps Prussien, et presse le Maréchal de rejoindre au plus vite le champ de bataille. Les archives du ministère de la guerre sont formelles, les ordres pour Grouchy sont de rejoindre l'Empereur. Le message est parti, mais est-il arrivé, ou tout au moins arrivé à temps ?. Il semble bien que l'officier chargé de porter le message se soit égaré, et que le message soit arrivé trop tard. Quoi qu'il en soit, le Maréchal Grouchy n'a pas opéré de mouvement pour rejoindre. L'Empereur demandera à Soult combien il avait envoyé de messager à Grouchy, Soult répondra "Un, sire" ce qui fera dire à Napoléon: "Ah Monsieur, Berthier*, lui, en aurait envoyé cent"

*Berthier prisonnier des coalisés s'est dit t'on suicidé peu après le retour de Napoléon.

Image Napoléon pense un temps déborder la droite Anglaise en glissant ses troupes sur la route de Nivelles sur la gauche afin de préserver sa ligne de retraite. Mais ceci prendrait encore du temps, son ennemi aujourd'hui, et surtout Napoléon a jugé que la droite Anglaise est plus forte que son centre. Ce qui est confirmé aujourd'hui. L'attaque aura lieu comme prévu, sur le centre gauche Anglais. A partir de ce moment Napoléon sait que cette bataille sera un vrai "coup de poker". Wellington aussi, le sait. Mais surtout tous deux savent que l'on ne gagne pas une bataille "sur le papier". TOUT peut arriver, un bataillon peut flancher et entrainer avec lui le recul de la ligne de bataille , pire, la rompre. Des ordres mal traduits peuvent entrainer une catastrophe. Etant donné que sur un champ de bataille, le principal facteur est humain, tout peut arriver.

Deux divisions de cavalerie légère, celle de Domon et Subervie sont détachées sur la droite de la ligne Française afin d'observer l'ennemi, de gêner ses mouvements et de rallier les têtes de colonnes de Grouchy dès qu'elles apparaîtront. Le comte de Lobau et son 6em corps reçurent l'ordre de se placer en potence entre la droite Française et ces corps de cavalerie, afin de contenir une éventuelle attaque Prussienne. Une partie des troupes Françaises qui devait être engagée contre Wellington est maintenant placée en réserve, et donc hors offensive.

L'empereur est privé par obligation d'une partie de ses troupes pour l'assaut du centre Anglais, mais il n'a pas le choix. Il doit protéger son flanc droit et ses arrières. L'avenir confirmera la justesse de ce choix. Fait rarissime, dès ce moment, Napoléon va subir les événements.

Napoléon déclare à Soult "Nous avions ce matin 90 chances pour nous, nous en avons encore 60 contre 40, et si Grouchy répare l'horrible faute qu'il a commise en s'amusant à Gembloux et marche avec rapidité, la victoire en sera plus décisive car le corps de Bülow sera entièrement détruit". L'Empereur ignore à ce moment que Von Bülow n'est pas seul.
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 14:03    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

2) L'attaque de Drouet d'Erlon

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Image L'attaque générale commence par une canonnade d'une demi-heure. Wellington fait reculer ses lignes de 100 pas. Puis, le silence .Les batteries suspendent le tir pour ne pas toucher le 1er corps de d'Erlon qui monte à l'assaut. On le saura plus tard, à cause du sol détrempé et d'un repli de terrain, cette canonnade monstrueuse fut inefficace, en tout cas pour être plus précis, pas aussi efficace qu'elle aurait du l'être. Le soldat coalisé touché par un canon Français ce jour là fût bien malchanceux. Les boulets ne ricochent pas, traçants de longs sillons inutiles dans une terre détrempée qui les absorbe. Les obus à mèches s'enfoncent et explosent en soulevant une gerbe de terre boueuse particulièrement inoffensive.

Cette attaque commandée par Ney et d'Erlon sera catastrophique, une erreur grossière de disposition des troupes va précipiter quatre divisions au-delà d'un échec certain. Selon toute logique militaire, les troupes auraient du être placées en colonnes d'attaque, de façon à pouvoir opérer des mouvements rapides, et particulièrement favorable aux formations en carrés. Ney et d'Erlon ne peuvent l'ignorer. De plus, cette formation est particulièrement adaptée au terrain accidenté, comme ici. Evidemment dans un fauteil et presque deux siècles après, ce jugement est facile, mais c'est l'opinion de beaucoup de vrai stratèges.

Encore une fois, l'on joue la précipitation. Si l'on y ajoute l'aveuglement de la haine et un sentiment d'invincibilité qui pousse à sous estimer la puissance de l'adversaire, l'on obtient l'ingrédient de base parfait pour une défaite certaine.

Les trois divisions adoptent la pire formation qui soit dans ce type de configuration, un front compact de 160 à 200 hommes sur 24 de profondeur chacun. J'ai bien écrit trois divisions, car la quatrième, celle de Durutte qui ne se plie pas à cette ordonnance monte en colonne. Les trois autres divisions vont présenter un front le plus large possible aux canons, aux fusils, ainsi qu'une particulière vulnérabilité aux attaques plus que probables de la cavalerie. C'est presque insultant pour l'adversaire.

Il est vrai que l'étroitesse du champ de bataille ne favorisait pas les grands mouvements, ni les forts déploiements de troupes.

Là, va se jouer le premier tournant de la bataille, les Français montent à l'assaut au cri de "Vive l'Empereur!!" Le choc est violent et bref ; Les coalisés sont enfoncés, déjà les cuirassiers de la brigade Travers et les tirailleurs de d'Erlon semblent couronner le plateau, suivis à quelques pas du gros de l'infanterie. Si ce corps réussi à se maintenir sur le plateau, la cavalerie lourde de réserve pourra asséner le coup de massue et enfoncer le centre Anglais, l'infanterie se chargeant d'élargir et de maintenir la brèche. L'ennemi tient toujours ses positions dans les fermes d'Hougoumont, la Haye Sainte et de Papelotte, mais ces positions seront débordées, en prise entre deux lignes Françaises, coupées de leurs arrières, de leurs renforts et de leurs approvisionnements en munitions, et donc d'aucune véritable utilité défensive à long terme. Il suffira par la suite de leur proposer la rédition ou de pulvériser ses redoutes improvisées au canon.

À cet instant précis "Tout va à merveille", selon l'état-major Français.

Fusil "Brown Bess" (G.B)
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Image C'est alors que l'ordonnance vicieuse des troupes de d'Erlon va démontrer son principal défaut, en plus d'avoir au moins doublé les pertes pendant l'assaut, elle va positionner les Français en une seule masse compacte, qu'il faut maintenant déployer. A quelques pas seulement de l'ennemi. Cette masse piétine.

C'est la confusion générale, les régiments s'emmêlent .Les officiers hurlent, les hommes tournoient, se bousculent; l'assaut est brisé net. L'ennemi peut réagir. Et il le fait.

Les Coalisés couchés dans les seigles pour éviter les projectiles se relèvent, et chargent dans un premier temps Donzelot occupé à faire se déployer ses troupes, Picton emmène les brigades Kempt et Pack au contact des Français en pleine manœuvre.

Marcognet arrive à peu près à la hauteur de Donzelot et jugeant qu'il n'a pas assez de place pour déployer ses troupes, est contraint d'aborder à la baïonnette le 92em Highlander qui le fusille déjà. Il ne peut opposer à la mitraille Ecossaise qu'un pauvre feu de file d'un bataillon, il doit pourtant emporter la position .

Pendant ce temps, Lord Uxbridge envoie contre les cuirassiers de Travers, les quatre régiments de la Garde à cheval de Somerset. Les cavaliers Français apercevant l'ennemi chargent, mais trouvent sur leur chemin un ravin. On s'élance, mais le temps de remonter les pentes opposées, les Anglais sont là, ils couronnent les hauteurs de l'autre versant. La charge Française est brisée, il faut suivre le ravin pour se reformer plus loin. Plus loin, en suivant le ravin il y a une sablonnière que l'on appelle aussi gravière, on essaie de s'y reformer quand les régiments Anglais portés par leur masse et le terrain descendant, fondent sur la brigade en formation. Le gros de cette brigade est rompu.

Royals Scots
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Image En même temps, la brigade de Ponsomby (Royaux et Scots-Greys) se jette sur l'amas composé par les divisions de d'Erlon. On y entre comme dans du beurre, c'est ce que font précisément les Britanniques . Les Inniskillings fondent sur, ou plutôt, se fondent dans la division Donzelot. La division Marcognet voit soudain s'ouvrir les rangs des fusiliers Ecossais et par ces brèches débouler les Scots-Greys aux cris de "Scotland Forever!!" . C'est la confusion générale dans les rangs Français. Les Impériaux redévalent les pentes avec au milieu d'eux les cavaliers ennemis qui les sabrent. Ce flot entraîne au passage la brigade Bourgeois ainsi que la brigade Quiot qui doit, elle, stopper son attaque sur la Haye-Sainte. La division de Durutte au dessus de Papelotte désormais sans protection est chargée de flanc par des dragons Anglais, Hollandais et les hussards Belges. Elle réussie néanmoins à se replier en bon ordre. Il ne reste plus de Français vivants sur le plateau. Le sol est couvert de morts pour la plupart Français, tout est à refaire.

Les cavaliers Britanniques excités par cette facilité poursuivent leur attaque et charge le reste de l'armée Française. Lord Uxbridge qui a compris le danger, fait sonner la retraite.

Ses cavaliers ne l'entendent ou ne veulent l'entendre, pas plus que les Ecossais. Les Anglais sont décimés par les tirs de la division Bachelu, les Ecossais bien qu'engagés durement par les lanciers de Martigue, se dirigent tant bien que mal sur la grande batterie. L'Empereur lance alors deux régiments de cuirassiers qui raccompagne près de leurs lignes les rares survivants Coalisés de cette charge catastrophique.

Scots Greys
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On marque une pose dans la bataille, chacun rejoint ses positions. Voyant les corps jonchants le terrain, un officier Anglais dira "On se croirait au lendemain d'une grande bataille", mais la bataille vient juste de commencer .

Nous en sommes au même point qu'à 11 heures, à quelque chose près;

Une attaque a échoué causant des lourdes pertes aux Français. Le temps à passé, rapprochant d'avantage les Prussiens du champ de bataille. Mis à part les régiments de cavaleries précitées, les pertes des Coalisées sont minimes.

À gauche, on se bat furieusement à Hougoumont, un obusier Français met le feu à la toiture du petit château, les défenseurs se réfugient dans d'autres lieux et continuent une résistance acharnée. Les blessés soignés dans l'étable en feu , sont touchés par les flammes, leurs camarades ne peuvent les secourir occupés au combat ou repoussés par la chaleur de l'incendie. Bon nombre seront brûlés vifs. L'horreur s'installe.

Hougoumont en feu

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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 14:06    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

Waaw Beaucoup d'infos interressantes !
En 5eme primaire j'y suis allée à Waterloo!
On a été dans un petit musé puis voir le je sais plus comment ça s'appelle !
Mais on est monté voir le lion de Waterloo c'est génial la vue est superbe !!
Merci pour toutes les photos et toutes les informations !!

Wendy ;)

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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 14:10    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

3) Les charges de Ney


Charge de cavalerie
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15 heures; La roue tourne.
Image Wellington se conforme à son propre plan, résister en attendant les Prussiens, qui d'ailleurs seraient les bienvenus. Il est averti de leur présence près du bois de la Chapelle St Lambert depuis quelques temps. Dans l'état major Coalisé, on craint de ne pouvoir résister à une seconde charge Française.

Napoléon n'est pas non plus très à l'aise, il vient de recevoir un message de Grouchy lui indiquant qu'à onze heure et demi, il se trouve à trois lieues du Wavre, et qu'il demande des instructions pour manœuvrer le lendemain. Il apparaît clairement à l'Empereur que Grouchy ne viendra pas ou bien tard, à moins d'un soudain et brusque changement d'avis du Maréchal, se portant au son du canon, comme indiqué sur les ordres de Soult.

Certains des officiers accompagnant Grouchy, dont Gérard, entendant le roulement du canon au loin, lui font remarquer "Qu'il faudrait marcher à l'Empereur", Grouchy réplique qu'il n'a pas d'ordre en ce sens.

L'Empereur à ce moment précis n'a pas d'autre alternative que d'attaquer et de rompre au plus vite la ligne de front de Wellington. Positionner ses troupes sur la défensive, signifie favoriser la jonction des deux armées coalisées et avoir à les affronter au plus tard le lendemain. Même avec l'hypothétique renfort de Grouchy, à plus de deux contre un dans une position qu'il ne connaît pratiquement pas et qui ne sied pas à la façon de combattre de ses troupes; la pure défensive, la victoire serait compromise. Il faut vaincre, vaincre à tous prix.

Vers 15 heures trente, dès que D'Erlon eut rallié ses troupes, l'Empereur ordonna à Ney d'attaquer de nouveau la Haye Sainte, pour servir de point d'appui à l'assaut final.

Malgré un soutien de la grande batterie. "Jamais soldat n'avait entendu une pareille canonnade" ; L'attaque menée par les brigades Donzelot et Quiot échoue.

Pourtant quelques bataillons Anglais reculèrent pour se mettre à l'abri des boulets, et au loin, des convois de blessés, de prisonniers et de fuyards partaient en direction de Soignes.


Maréchal Michel NEY
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Image Ney, se trompant alors sur ce mouvement qu'il prit pour un début de retraite, décida de forcer le destin en emportant le plateau avec une gigantesque charge de cavalerie.

Son aide de camp, demande alors au général Farine, sa brigade de cuirassiers. Farine s'exécutant, vit soudain son mouvement stoppé par ordre du général Delort, commandant la division. "Nous n'avons d'ordre à recevoir que du comte Milhaud".

Ney, irrité se dirige à la rencontre de Delort, exigea non seulement la brigade de Farine, mais également tout le reste du corps, soit six régiments .

Delort lui aurait alors répondu que c'était une imprudence sur ce terrain. Il réussi néanmoins à placer en réserve derrière un mamelon les carabiniers; géants blindés aux uniformes "à l'antique ". Ils seront bientôt la seule réserve lourde de cavalerie.

Delort obéit au Maréchal, et alors que cette division avançait vers les Anglais, la cavalerie légère de la Garde lui emboîta le pas, après que Ney eu parlé à son commandant, Lefevre-Desnouettes."Je vais attaquer, soutiens moi". Ensuite, dans un élan d'impatience et ne voulant pas manquer l'occasion de sabrer l'ennemi, la quasi totalité de la cavalerie Française s'ébranla derrière le Maréchal.

L'Empereur avait évoqué une charge de cavalerie, mais il était convenu que celle ci devrait se faire, comme à l'habitude , sur son ordre uniquement. Lefèvre-desnouettes, qui devait être au courant de cette grande charge, a t'il cru que Ney avait reçu l'ordre de Napoléon ?. L'Empereur n'avait t'il pas dit: "Je ferai jouer ma nombreuse artillerie, je ferai charger ma cavalerie et je marcherai avec ma Vieille Garde". Napoléon d'ailleurs ne dira pas qu'il n'avait pas l'intention de procéder à une charge de cavalerie, il dit simplement " Ce mouvement fut prématuré", dont trop tôt, mais bien prévu.


Notez ici un élément important: Napoléon à l'intention d'engager sa Vieille Garde. Il l'a fait deux jours avant, engageant même ses deux régiments sacrés le 1er Grenadiers et le 1er Chasseurs, fait rarissime. Ceci pour répondre aux détracteurs qui prétendent que Napoléon à perdu pour avoir hésité à engager la Vieille Garde. Du reste, pour soutenir la Jeune Garde à Plancenoit , c'est deux Bataillons des 2ème régiment de Grenadiers et de Chasseurs qui iront au contact, alors qu'il dispose du 3ème et du 4ème de chaque Corps.

Attention, prévu, mais selon les circonstances. Quoi qu'il en soit Napoléon n'a pas pu, de l'endroit ou il était posté, la maison Decoster, ne pas voir le mouvement de ces milliers de cavaliers, dont ceux de sa Garde. Il est probable que Ney pensant que Napoléon voyant sa manœuvre et n'intervenant pas, c'était un accord tacite de l'Empereur. Mais l'Empereur pour l'instant ne voit pas une charge, mais un mouvement de cavalerie en vue d'une charge, et pense peut être que Ney comme à l'habitude viendra son chapeau à la main quérir l'ordre d'attaquer. Pour Napoléon, Ney doit former ses escadrons en vue de l'attaque prévue.

Napoléon observe la ligne de Wellington, ce que pense Ney est inexact, les Anglais ne retraitent pas, ils renforcent au contraire leurs lignes. Wellington et son état major observent anxieusement les lignes Françaises. Les officiers coalisés craignent de ne pouvoir résister à une deuxième attaque générale d'infanterie . Il s'attendent à tout. A tout sauf à l'improbable, à l'incroyable. Lorsque les Coalisés réalisèrent qu'une gigantesque charge de cavalerie était lancée sur eux, ils furent frappés de stupeur. "Ils virent monter sur eux une mer d'acier".

Le Maréchal Ney
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Un jeune soldat Anglais écrit son récit de la bataille le lendemain.(Extrait de Roman).

"Nous nous attendîmes à une charge d'infanterie, nos lignes étaient prêtes, ayants peu souffert des tirs d'artillerie. Les formations étaient anxieuses, impatientes, fatiguées ou résignées, mais prêtes.

Soudain, je vis le sergent "Faulty" qui inspectait l'alignement s'arrêter net. Je ne compris pas pourquoi jusqu'au moment ou un fourmillement me monta le long des jambes. Puis un bruit sourd, ensuite, se fit entendre.Le fourmillement devint tremblement puis choc, le bruit tonnant, virevoltant, assourdissant presque enivrant. Le sol sembla se convulser. Je me sentis parfois ne plus le toucher.

Je fus pris d'une anxiété dont je ne connaissais pas la cause, ou dont je ne voulu pas connaître la cause. Sur notre avant gauche, le canon se mit à tonner. Mon voisin,le vétéran Millan, qui venait lui, de comprendre, ouvrit la bouche comme pour protester mais, soudain aphone, ne fit que faire choir sa pipe en terre, il ne la ramassa pas, comme pétrifié.

Je vis sur son visage comme un bandeau de lumière. Puis, toute la première ligne dont nous faisions partie, sembla s'illuminer d'une foultitude d'éclats versicolores. Droit devant, une masse compacte de cavalerie déboucha sur le haut du repli. Cuirasses, casques, sabres et lattes étincelants au soleil, éclaboussants nos habits rouges de reflets métalliques .Tournant alors la tête et en même temps que je les vis, j'entendis quelqu'un que je présume aujourd'hui officier ordonner le carré. L'ordre fut plus que hurlé, presque aboyé. Tournant presque à la supplique, il reveilla les hommes pétrifiés par le spectacle, qui comprirent que leur survie dépendait maintenant de la vitesse d'exécution de cette manoeuvre. Bien que le bruit fût assourdissant, nous entendimes néanmoins beugler les "Vive l'Empereur" .A condition de ne pas être à notre place, le spectacle était grandiose. Il semblait fondre sur nous une armée d'enragés.

Mille sentiments m'envahirent et s'entrechoquèrent dans ma tête, mon cœur et mes tripes. La peur, l'admiration, la haine, la compassion pour ceux qui allait mourir, ma femme, ceux du village, puis comme soudain changé en quelque golem et à l'instant précis du choc; plus rien.

Notre surprise fut telle qu'à peine le carré formé, les Français furent sur nous. Nous pûmes néanmoins former un carré acceptable. Le choc fût effroyable et l'on pouvait percevoir le craquement sinistre des os des soldats percutés de plein fouet par ce bloc de chair et d'acier. Puis, les bruits sourds des lames fendants les shakos, ensuite seulement, au milieu des cliquetis divers et hennissements, cris de rage ou de ralliements; vinrent les hurlements. Comme si la peur et la douleur jusqu'ici cachées dérrières nos ennemis étaient soudain passé au dessus d'eux pour s'abattre sur nous. Je senti ma baïonette s'enfoncer dans quelque chose, le choc manqua de m'arracher les deux poignets..... .."

..............................................................

"Lorsque cette masse de cavaliers reprît la direction des ses lignes, nous eûmes un moment d'hésitation que le sergent "Faulty", malgré sa blessure, ne manqua pas d'écourter. Autour de nous, il y avait de nombreux tués ou blessés de notre régiment, mais c'était sans commune mesure avec le rempart de cavaliers et de chevaux Français hors de combat qui nous entourait.

Bon nombre de vétérans pensèrent que cette attaque était un leurre destiné à tester et évaluer nos défenses, avant une attaque massive d'infanterie. J'eus la chance de me trouver à coté du Colonel, et donc entendre la conversation quand une estafette vint lui signaler que l'attaque fut menée par plusieurs milliers d'hommes. Ce que nous n'avions pas pu voir à cause d'un repli de terrain et d'une fumée abondante. Nos carrés reformés, notre surprise fût moins grande d'entendre sourdre à nouveau le grondement du sol.

Certains de nos officiers semblaient néanmoins inquiets; bien que repoussée , l'attaque des Français fut terrible. Lorsque le mur d'acier ondulant s'avança de nouveau sur nous, le silence dans nos rangs fût total, comme assourdissant. Les morts nous imitaient.........
de Pascal Gin "L'aigle de mer" Roman (Extrait.)


L'erreur funeste
Image La stupeur de Napoléon dût être totale lorsqu'il vit s'élancer le Maréchal suivi de sa cavalerie. Les Anglais qui virent cette charge s'amorcer n'en crurent pas leurs yeux. Charger de l'Infanterie sans quelle soit gênée ou engagée, voir ébranlée par un tir d'artillerie est suicidaire. Cela ne peut que surprendre et bousculer les premières lignes des bataillons les plus avancés, à la rigueur rompre quelques carrés, mais ensuite ? L'élan brisé, cette cavalerie devra se replier pour se reformer et sera alors en position de vulnérabilité totale. Sans renforts d'Infanterie pour soutenir l'action, cette manœuvre est de plus, inutile. Cette charge est tellement stupéfiante que les officiers Anglais croient à une manœuvre de diversion de Napoléon, se demandant ce que "Boney" peut bien manigancer. L'erreur est tellement grossière qu'il ne peut s'agir que d'une ruse.

Pire, les soldats Anglais qui ont combattu aux Quatre-Bras, savent pour avoir déjà vécu cette situation que ce genre d'action à bien peu de chances de réussir. Il suffirait de résister comme ils l'avaient fait deux jours auparavant pour briser ces charges. Ney aussi doit le savoir. Le Maréchal se trompant sur le moral des Coalisés qu'il pense ébranlé, voulant emporter le plateau avec une gigantesque charge de cavalerie, soit. C'est une attitude concevable. Mais maintenant qu'il sait qu'il n'en est rien, pourquoi les autres charges ? Pense t'il, comme l'a écrit Henri Houssaye, "prendre le plateau à l'esbroufe" ?

Il est vrai que si cette charge avait réussi, l'armée de Wellington se serait trouvé fort mal en point.

Lance de Chevau-léger (France)
Image

Pendant ce temps, Blücher arrivé un peu plus tôt fait descendre vers la droite Française, en direction et à l'abri du bois de Paris, le corps de Bulöw. Avant que celui ci soit complètement formé, il lance de la cavalerie contre les divisions de Domon et Subervie, qui n'ont pas pris la précaution élémentaire d'occuper les abords du bois. Néanmoins, ces escadrons Français ne se font pas prier pour charger à leur tour. Les cavaliers Prussiens sont battus, rompus et retraitent. Les Français dans l'élan vont culbuter quelques pièces d'artillerie, puis doivent se replier devant l'infanterie Prussienne. Ils retraitent à leur tour en réserve, démasquant ainsi le 6em corps de Lobau placé en potence. La réserve de la ligne est maintenant en passe d'être engagée.
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 14:12    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

4) Les Prussiens à Plancenoit


Blücher
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Image Voyant déboucher Blücher, Lobau contre toute attente l'engage, les Français sont 1 contre 3, mais composé de bonnes troupes, le 6èm corps Français fait mieux que résister, et entrave sérieusement l'avance de Blücher.

Le chef Prussien comprenant que son attaque risque d'avorter ou lui coûter trop cher en hommes, fait déborder Lobau par sa droite, et se dirige vers Plancenoit, petit village à droite de la réserve Française. Lobau pour éviter d'être tourné, fait un mouvement rétrograde, mais surpris, ne peut placer qu'une brigade dans ce village. Celle ci sera balayée par les Prussiens, beaucoup trop nombreux.

Aussitôt, les troupes de Blücher se barricadent dans Plancenoit, tandis que Bülow, enfin arrivé derrière eux , canonne le corps de Lobau. Certains de ses boulets tombèrent au beau milieu de la Garde et de l'état major Impérial. La situation est à cet instant critique; Les Français sont engagés sur deux fronts et leur ligne de retraite est menacée. Napoléon décide d'envoyer la Jeune Garde de Duhesme pour déloger les Prussiens du village de Plancenoit. Ce fût fait assez rapidement, les jeunes troupes d'élites, pépinière de la Vieille Garde, tirailleurs et voltigeurs vont repousser les Prussiens, un peu surpris de la rapidité de la contre-attaque. Mais à peine chassés du village, les Prussiens se reforment et chargent de nouveau.

Plus bas, le corps de Lobau commence à plier sous les coups de Bülow, et la Jeune Garde, nonobstant une défense héroïque est chassée de Plancenoit par des Prussiens ressaisis. De nouveau ils s'y installent, de nouveau ils canonnent les Français et menacent leur ligne de retraite.

Napoléon fait alors mettre la Garde en carré face à Plancenoit, de la Belle Alliance jusqu'au 1èr de la Garde, toujours à Rossome.

Ces vieux soldats vont dans une poignée d'heure entrer dans la légende.

Napoléon ordonne aux Généraux de la Garde Morand et Pelet de reprendre Plancenoit.

Deux bataillons de la Vieille Garde, le 1er du 2em Grenadier et son homologue chasseurs, s'élancent au pas de charge. En vingt minutes ils délogent les Prussiens à la baïonnette, sans même daigner tirer un coup de feu. Puis les poursuivent sur six cents mètres, les repoussent derrières les batteries de Hiller dont les servants s'enfuient à la vue des bonnets à poils et des baïonnettes rougies de ces vétérans.

La Jeune Garde sur les pas de ses aînés reprend position dans Plancenoit. La Vieille Garde s'arrête, ne trouvant plus rien à culbuter, retourne à Plancenoit et s'y barricade à son tour.

D'un seul coup de boutoir de sa Vieille Garde, l'Empereur a stoppé net l'avance Prussienne.

UHLAN (Brunswick)
Image

Image Les attaques de la cavalerie Française se poursuivent sur le plateau, Ney a débusqué les carabiniers et exhorté ces géants à charger avec lui. Ces charges continuent, certains carrés Anglais sont rompus, mais la plupart résistent. Et toujours ce même problème des canonniers Anglais. Dès que les cavaliers Français s'approchent d'eux, ils les arrosent de mitraille, puis avant le choc, courent se réfugier dans les carrés Anglais, sur lesquels les charges se brisent. Dès que la cavalerie Française fait demi tour pour se reformer, ils ressortent des carrés pour rejoindre leurs pièces, mitraillant les Français dans le dos, puis de face lorsque ceux ci revenaient à la charge, pour courir se réfugier de nouveau dans leurs carrés, et ainsi de suite... En temps "normal", lorsqu'un canon ennemi était atteint, soit on l'emmenait, soit on l'enclouait, c'est à dire que l'on plaçait une sorte de clou dans la lumière du canon rendant impossible la mise à feu.

Rien de la sorte ne fut fait, on ne pensa même pas à les faire sauter avec la poudre restante, ni à les renverser, ni même à briser les écouvillons. Plus facile à dire qu'à faire sans doute, mais ces soldats dont la plupart expérimentés ne manquaient pourtant pas de courage, l'avaient maintes fois fait. La cavalerie Française va payer cher cette négligence.

Pour ajouter au massacre, les charges sont menées sur un terrain dont la superficie est trop petite, ce qui ajoute à la confusion, et freine l'impact. Certains chevaux sont tellement pressés qu'ils sont soulevés de terre. Waterloo est, par rapport aux nombre de combattants, un des plus petits champs de bataille de l'Histoire.



Sabre-briquet (France)
Image

Image Il aurait fallu de l'infanterie pour seconder les attaques et garder le terrain conquis. Ceci afin d'obliger les Anglais à adopter une formation vicieuse pour à la fois résister à la charge de cavalerie en carré, mais alors exposé au tir de l'infanterie pendant un court mais meurtrier moment. Puis se reformer pour faire face à l'infanterie en adoptant une position large en ligne, mais alors particulièrement vulnérable aux attaques de cavalerie. La fatigue jouant sur ces soldats, s'épuisant en manœuvres répétées, aurait pu infléchir leur moral. De plus, leur puissance de feu d'artillerie serait devenue inexistante, voir passée à l'ennemi et retournée contre eux.

L'infanterie, il y en a pourtant. A environ 1300 mètres, attendent l'arme au pied depuis plusieurs heures la division Bachelu et la brigade Jannin , soit 6000 hommes du 2èm corps de Reille. Lorsque Ney pense à les utiliser, la quatrième charge vient d'échouer, les hommes et les chevaux sont fourbus et surtout moins nombreux. Pire, les Anglais avaient compris que ces charges étaient vouées à l'échec.Les charges Françaises font maintenant figure d'épouvantail. C'est une question de temps pour les abattre tous.

Il est trop tard pour l'infanterie, de nouveau les canonniers Anglais sont à leurs pièces. Quinze cents fantassins sont fauchés dès les premiers instants en gravissant la pente. Si ces canons avaient été neutralisés..Maintenant, la cavalerie détachée par Ney pour les soutenir est trop faible et Fatiguée pour être efficace, plus jamais cette cavalerie ne reprendra les canons Anglais. Les dernières troupes de réserve de Wellington arrivent alors resserrer les rangs Anglais qui commence à se clairsemer.

Mais, au loin sur la droite, apparaît le corps d'armée Prussien de Zieten.
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 14:13    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

5) La Charnière


Image

Image Dégagé maintenant sur sa droite à Plancenoit grâce à sa Vieille Garde, Napoléon peut se concentrer sur Wellington, d'un rapide coup d'œil, il constate un frémissement dans la ligne Anglaise. Il pense que Wellington a engagé toutes ses troupes, alors que lui possède sa formidable réserve, bien qu'une partie soit engagée à Plancenoit: La Garde Impériale. Un peu avant, Wellington demanda d'urgence l'aide du corps de Zieten arrivé depuis peu, Zieten lui répondit qu'il interviendrait dès qu' il aurait son corps au complet. Il envoya tout de même un officier pour évaluer la position de son allié. Celui ci revint peu de temps après en déclarant un peu exagérément que les Anglais étaient en pleine retraite, ce qui était faux, mais qui laisse bien entrevoir la situation précaire de l'armée de Wellington. Zieten décida de ne pas s'engager, jugeant la situation périlleuse pour son corps d'armée. Il décida de rallier le corps de Bülow. Un officier de liaison Prussien nommé Müffing, vint alors le supplier de rallier les Anglais "La bataille est perdue si vous ne venez pas secourir le Duc (Wellington)" Zieten hésita puis repris sa marche dans sa première direction.


L'Empereur rappelle à Ney son principal objectif, la prise de la Haye Sainte. Les défenseurs sont presque à court de munitions, Wellington n'en a plus en réserve et envoie deux compagnies à leur secours.

Ney va jeter sur la Haye Sainte le 13em Léger et un détachement du 1èr génie. On combat au corps à corps.Les Allemands qui résistent se battent maintenant à l'arme blanche, les Français sont néanmoins maîtres des lieux, c'est un nouveau tournant de la bataille. Le centre Anglais est maintenant directement menacé. Ney fait installer une batterie à cheval et envoie un régiment prendre la sablonnière (ou gravière), d'où décroche le 95ème Anglais. Les canons placés par Ney un peu en avant de la Haye Sainte tirent à moins de 300 mètres du centre des Coalisés et le régiment Français qui à pris pied à la sablonnière les fusillent à moins de 80 mètres . Les débris de l'infanterie Française regrimpent les pentes. Si le centre gauche résiste bien , la gauche Anglaise est ébranlée et le centre droit est à bout de force. La droite Anglaise est elle presque intacte. Les fuyards chez Wellington sont de plus en plus nombreux.

Image Incontestablement, la ligne des Coalisés flanche, le centre est presque ouvert, Napoléon est proche de la victoire. Les officiers Anglais viennent aux ordres, Wellington répond qu'il n'y a pas d'autre ordre que de tenir jusqu'au dernier on l'entendra soupirer "Pourvu que la nuit ou Blücher arrive". Les soldats Coalisés se battent avec courage, mais l'on sent un flottement dans le centre. Evidemment un coup de boutoir de l'infanterie Française eut été certainement décisif, mais chez eux aussi, les rangs sont décimés et les soldats sont à bout de forces. Le général Heymès est alors envoyé à l'Empereur par le Maréchal Ney pour demander des troupes. "Des troupes, où veut t'il que j'en prenne, veut t'il que j'en fasse !" s'écriera l'Empereur. Il reste en réserve six bataillons de Vieille Garde et six bataillons de l'ex "Moyenne Garde".

Mais désormais sans cavalerie de réserve , Napoléon hésite à engager sa Garde car sa position, toujours sous menace Prussienne n'est pas très confortable.

C'est probablement à ce moment précis que le sort de la bataille se décide; Bon nombre d'historiens pensent qu'une attaque de la Garde au complet à ce moment précis sur le centre Anglais eût été décisive. Pourtant, entre le moment ou Ney réclame de l'infanterie et l'assaut d'une partie de la Garde, il va se passer environ une demi-heure. Une demi-heure qui va décider du sort du monde.

Carabiniers (France)
Image

Image Pendant cette demi-heure, un capitaine des Carabiniers royaliste passe à l'ennemi et dévoile à l'officier Fraser, qui prévient Wellington, les intentions de l'Empereur. "Vive le Roi, préparez vous, ce bâtard de Napoléon sera sur vous avant une demi heure avec sa Garde". Wellington prévenu de l'attaque de la Garde parcourt le champ de bataille replace ses troupes sur sa droite, la fait renforcer avec toutes les unités disponibles infanterie et cavalerie, fait amener ses batteries de réserve et ordonna de ne plus tirer que sur la Garde qui allait donner l'assaut. Le piège est en place. Plusieurs témoignages sont formels, Wellington de son emplacement et à cause de la fumée avait fort peu de chance de voir le mouvement de la Garde, il n'en parle d'ailleurs pas. S'il l'avait vu s'ébranler, et après avoir déterminé sa direction, il aurait été trop tard pour renforcer sa droite comme il a pu le faire. La trahison de cet officier aura de très lourdes conséquences sur la suite de la bataille. J'ai appris recemment son nom, ce serait trop d'honneur que de le citer.

Pauvres carabiniers, couverts de gloire en cette journée, l'on assure que pas un n'a survecu à la bataille, à part bien sûr un certain officier. Il est difficile de dire si les carabiniers ont été anéantis, mais ce qui est sûr c'est qu'ils ont subi de très lourdes pertes en ce jour funeste. L'histoire confirme officiellement dans les rangs des officiers des deux régiments engagés (1er et 2èm Carabiniers) la perte d'un major, d'un chef d'escadron, de deux capitaines, de quatre lieutenants et de quatre sous-lieutenant, ce qui démontre que ces deux régiments ont particulièrement souffert. Si ces indications sont complètes, il y a forcément eu des survivants. Je ne possède pas d' indications sur les pertes des sous-officiers ou des cavaliers.

Ce qui est très étonnant, c'est que Wellington place ses troupes sur sa droite, à l'endroit ou il est le plus fort, et donc le moins exposé. Plus troublant encore, c'est à cet endroit incongru que précisement l'on envoie la Garde se fracasser. Les officiers Anglais ne semble pas être au courant, car c'est après avoir repoussé l'attaque, qu'ils furent étonnés de trouver des bonnets à poils parmi les shakos.

(voir l'annexe sur la Garde)


Image Napoléon va confier l'attaque de la Garde au véritable "trompe-la-mort" de service, entendez le Maréchal Ney, en tous cas, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'Empereur n'est pas rancunier, après les "Quatre-bras" et les charges à "l'esbroufe" de la cavalerie, il va encore lui confier ses "Fidèles des fidèles". Surprenant choix, quand l'Empereur disait quelques heures plus tôt à propos des charges de Ney. "Le malheureux, c'est la deuxième fois depuis avant-hier qu'il compromet le sort de la France". En tout cas, ce n'est pas parce qu'il n'a personne d'autre, Drouot et Friant, généraux de la Garde sont d'C'est excellent ! chefs, ainsi que la totalité d'ailleurs des officiers de la Garde. L'Empereur va tenter l'assaut ultime et briser le centre Anglais, espérant ainsi être en position favorable pour contenir les Prussiens, voir même pour provoquer leur retraite du champ de bataille.

Ney se voyant ainsi confier six bataillons de la Garde, dite Moyenne Garde dans le langage courant, et part à l'assaut du Mt St Jean. Il place le 2em bat du 3èm grenadiers commandé par Poret de Morvan en réserve sur un mamelon, à mi-chemin entre la Haye Sainte et Hougoumont.

Au moment ou la Garde descend vers la Haye Sainte, le corps de Zieten débouche presque à l'angle des deux lignes de bataille, cette fois ci, c'est critique, les troupes Françaises commencent à se replier, et il faut que Napoléon lui même se porte sur le front pour convaincre les troupes de maintenir ses positions. L'Empereur pour éviter la catastrophe fit répandre le bruit de l'arrivée imminente de Grouchy. Vu de loin, les Prussiens pouvaient faire des Français forts convenables. Certains des soldats voyant s'avancer la Garde reprirent confiance. la Garde va donner. La Garde allait asséner le coup de grâce et Grouchy arrivant sur les derrières de l'ennemi, c'était bientôt la victoire. L'Empereur utilise ici un subterfuge discutable, mais il n'a plus le choix des moyens.

Là, intervient un point d'achoppement classique; [color=indigo]Combien de bataillons de la Garde montent à l'assaut et surtout dans quel ordonnancement.


Certains historiens ont décrit une attaque de douze bataillons, d'autre une attaque sur une colonne d'autre sur deux colonnes, d'autres sur cinq ou quatre carrés.

Aux vues des régiments coalisés engagés par la Garde, et la largeur du front couvert par ces cinq bataillons l'attaque en une ou deux colonnes est impossible. Seuls l'ordonnancement en colonne par bataillon ou en carré est possible.

En effet de la droite à la gauche des régiments coalisés engagés ce jour la, la distance en largeur est de presque 1500 mètres. Impossible donc à couvrir par une ou deux colonnes car les régiments Anglais au centre de cette distance ont été aussi engagés.

Image Ce dont ont est sûr, c'est que l'Empereur descend jusqu'à la Haye Sainte avec les bataillons de la Garde en carrés. Logique, puisqu'elle est en carré depuis l'arrivée des Prussiens à Plancenoit, elle descend donc dans cet ordonnancement. Sûr, que Napoléon confie l'attaque au Maréchal Ney avec six bataillons de l'ex Moyenne Garde. Et que lors de la débandade de ces régiments, l'Empereur est en train de faire manœuvrer la Vieille Garde afin de la placer en colonne d'attaque, ce qui indique évidemment qu'elle ne s'y trouve pas . De là, nous pouvons en déduire que si la Moyenne Garde était montée en colonne, elle aurait dut manœuvrer en marchant. Même si la Garde est experte en manœuvre d'ordonnancement, cela paraît improbable, mais néanmoins pas impossible. Toutefois, il ne faut pas oublier que nous sommes sur un champ de bataille, pas au carousel, et qu'une charge surprise de cavalerie sur un bataillon en pleine manoeuvre signifie pour ce dernier la déroute. L'exemple récent de Drouet d'Erlon l'atteste.



Grenadier de la Garde en Grande tenue
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Image Il est fort probable que la Garde monta à l'assaut en carré par échelon. Cependant, certains officiers Anglais parlent de colonnes, mais à cette à une certaine distance et gêné par la fumée, la méprise est possible, surtout de flanc. Formation d'attaque discutable pour aborder de l'Infanterie, mais là, on suppose que pressé par le temps, les chefs aient décidé de forcer le destin, pas le temps pour la manœuvre en colonne, plus vite le centre sera enfoncé, mieux se sera. Pourtant, la question peut se poser, pourquoi cet ordonnancement . Il semblerait qu'à ce moment, l'on ne s'attend pas à affronter de l'infanterie. Dans les rangs de la Garde, personne n'a connaissance de la trahison de l'officier des carabiniers.

Au lieu de faire monter la Garde par la route de Bruxelles, où un repli de terrain l'aurait protégé de l'artillerie Coalisée sur ses flancs, Ney fait monter ces braves en biais, sur des pentes découvertes l'exposant ainsi à l'artillerie et augmentant le chemin à parcourir, donc le temps d'exposition à la mitraille.

Personne de plus ne pense que les moins de trois mille hommes, à peine deux mille en abordant les Coalisés, vont se trouver nez à nez avec presque dix mille hommes et une grosse puissance d'artillerie. De nombreux historiens de toutes nationalités sont d'accord pour dire que si la Garde avait formé une seule colonne, elle eût très probablement percé le front de Wellington, mais peut être pas à cet endroit. Aussi étrange que cela puisse paraître, le Maréchal Ney ne porte pas l'attaque sur le point le plus faible , mais sur le point le plus fort de la ligne Coalisée. Décidément..

Image Il est difficile en histoire d'affirmer les choses avec certitude, d'autant plus que ce jour là, les témoins directs sont nombreux, mais chacun raconte "sa" bataille. Il est évident qu'un témoin placé à gauche n'a pas vu la même bataille qu'un autre témoin placé à droite ou au centre. La fumée et les accidents de terrain rendaient impossible une vision globale impossible. Les témoignages des hommes de troupes sont précieux , mais limités géographiquement à leurs environnements immédiats. Il est fort peu vraisemblable qu'un soldat Ecossais par exemple, puisse identifier à trois cent mètres tel ou tel régiment Français. L'épisode de la bataille de Ligny ou des Français identifient comme ennemie une colonne Française laisse perplexe quant aux témoignages directs des combattants.

Alors imaginez l'armée coalisée de Waterloo ou plusieurs nations étaient représentées. De plus, certaines d'entre elles ayants servies sous Napoléon, la coupe de leurs uniformes était très proche de l'uniforme Français. N'oublions pas que pendant cette période des cent jours, l'armée Française manque de tout, et que dans certains régiment, le mot uniforme perd sa signification. Même dans la Garde.

Quant aux officiers supérieurs, la vision du champ de bataille est fonction de leur nationalité. Les Prussiens affirment que sans eux Wellington était battu, les Non Britanniques Coalisés disent que de toutes façons les Français n'étaient pas passé, les Anglais prétendent qu'eux seuls ont été efficace, les Français ne jurent que par la trahison, et trouve en Grouchy, récent Maréchal, un bouc émissaire parfait.


Une récente émission de la BBC explique toute la bataille de Waterloo et l'éfficacité des Anglais sans citer les autres troupes Coalisées et en omettant même les Prussiens. Malheur au vaincu

Mais il faut bien se rendre à l'évidence, Ney depuis quelques jours accumule les erreurs. Dont certaines incompréhensibles. Il est vrai que les maréchaux de l'Empereur ne sont pas tacticien, le plus capable pendant cette période était probablement le Maréchal Davout. Mais Napoléon l'a nommé Ministre de la Guerre, et il est à Paris. Sa loyauté n'a pas paru flagrante à l'Empereur.


Il attendait Grouchy, c'était Blücher

Maréchal GROUCHY
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Image Von Thielmann fait écrire à Blücher, qu'engagé près du Wavre par les Français (Grouchy) , il ne peut se rendre sur le champ de bataille, et qu'il demande du secours. Blücher se moque éperdument de son général. Qu'importe si son corps est écrasé au Wavre si la victoire est certaine ici. Grouchy après une superbe manœuvre, rejoindra les frontières Françaises avec son corps d'armée intact. Victime expiatoire de la défaite de Waterloo, Grouchy porte sur ses épaules le poids de la tragédie. Il est vrai que son refus de se porter sur le champ de bataille, malgré les ordres de l'Empereur constitue une faute majeure. Etonnante, cette propension chez les maréchaux et officiers supérieurs à accumuler les erreurs sur une si courte période de temps. Grouchy, sûrement le plus célèbre méconnu des maréchaux est loin d'être un lâche, tout comme Ney. Cavalier hors pair, il porte sur son corps quatorze cicatrices reçues au combat. Napoléon l'a lui même élevé au rang de Maréchal récemment. Il se trompait rarement sur le jugement des hommes, surtout sur la valeur de ses soldats. " Je veux qu'on exécute mes ordres ponctuellement, sur un champ de bataille, moi seul sait ce qu'il faut faire" disait l'Empereur. Etre fin tacticien n'était donc pas nécessaire.

Pressé par ses généraux afin de rejoindre le champ de bataille. Grouchy ignora superbement ces conseils pourtant avisés. Grouchy fut jugé par l'opinion publique comme seul responsable de la défaite, un peu hâtivement et injustement. Les torts sont à partager avec Ney et Napoléon lui-même, qui depuis un certain temps avait une fâcheuse tendance au "laisser-faire". Napoléon ne pouvait être égal à lui même qu'avec le pouvoir de la dictature absolue, c'est paradoxalement pour ne pas l'avoir voulu prendre quelque semaines plus tôt que sa chute était presque annoncée. On a parlé aussi de léthargie et de crise d'hémorroïde aiguë. Napoléon est très Fatigué depuis son retour de l'Ile d'Elbe. La carrière exceptionnelle et fulgurante à vieilli prématurément cet homme. Sa santé est précaire, il porte depuis son retour sur le visage un teint verdâtre, il ne semble plus être animé de la même flamme. Il est surtout très seul, et à beaucoup souffert des défections et des revirements de certains de ses anciens fidèles. Désormais, il semble subir plutôt que d'agir. "Et puis, ça ira comme ça pourra" l'a t'on entendu dire avant son départ en campagne. Néanmoins jusqu'en 1819, les gardes Anglais de St Hélène le surnommeront "Le mouvement perpétuel".

Image Il est curieux de constater que dans Paris, par exemple, aucun boulevard dit "des Maréchaux" ne porte le nom de Grouchy. Son futur ralliement à la royauté ajoutera au trouble de son action ce jour là. Ce qui ne l'empêchera pas, en apprenant la défaite de Napoléon, d'opérer une manœuvre de dégagement et de repli qui force l'admiration. Il ramènera ses troupes en bon ordre en France.

La légende, compagne ancestrale des soldats va doucement remplacer son ennemie l'histoire ; la Garde Impériale va aborder le plateau.
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6) L'assaut final


Photo extraite du film "Waterloo" de Bondartchouk - 1970
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Image L'Empereur reste près de la Haye Sainte avec les trois autres bataillons de la Garde, le 2em bat. du 2èm regiment de Grenadiers et de Chasseurs, emmenés respectivement par les généraux Roguet et Christiani et le 2èm bat. du 1er Chasseurs, commandé par un certain général Cambronne. Tous sont de Vieille Garde. L'Empereur les fait s'ordonnancer en vue d'une attaque avec un bataillon au centre déployé et deux en colonne sur chaque flanc. Il peut ainsi soit appuyer l'attaque de Ney, quoique improbable, soit porter un autre coup de boutoir au centre droit Anglais, soit les placer en vue de faire front à une offensive Prussienne.

Toutefois la volonté de les ordonnancer de la sorte indique que la Garde va partir à l'attaque, à ce moment précis Napoléon est toujours occupé à une offensive.

Pendant ce temps, Ney emmène ses bataillons toujours en carrés à l'assaut du mont St . Jean. La Ligne reçoit l'ordre de seconder son attaque.

L'artillerie à cheval de la Garde se glisse dans les espaces laissés entre les carrés, quelques Grenadiers à Cheval survivants du carnage vont seconder leurs frères d'armes.

Ils s'avancent bravement contre la moitié de l'armée Anglaise. Les cinq échelons vont bientôt être quatre, les deux bataillons du 3ème chasseurs s'étant rejoints et confondus. Sur la droite, le 1er bataillon du 3em Grenadier, ensuite le 4em Grenadier (Un seul Bataillon) plus à gauche le 1er et 2em bataillon du 3em Chasseurs confondus ensuite le 4 em Chasseur (Un seul bataillon) . La Ligne reçu l'ordre de seconder cette attaque, mais Reille à pris du retard et est maintenant distancé, trop loin pour être éfficace. La Garde s'avance seule sur les Coalisés prévenus et préparés à l'attaque. Ney qui vient de perdre son cinquième cheval tué sous lui monte à pied à côté du général Friant. L'Artillerie Anglaise tire à double charge de mitraille, la Garde est battue de front et d'écharpe par l'acier ennemi. Les "Serrez les rangs" sont répétitifs, les carrés rétrécissent. "A chaque déflagration, les Français ondulaient comme blé au vent", raconte les Anglais. Bientôt à portée de tir des fusils, le calvaire de la Garde commence.


Fusil Baker (GB)
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Image Le 1er bataillon du 3em Grenadier emmené par Friant engage et met en déroute un corps de Brunswick, prend deux batteries Anglaises et aborde la gauche de la 5ème brigade Britannique du Major Général Sir Colin Halkett ( 4 bataillons). Puis refoule le 2ème bat. du 30ème rgt (Cambridgeshire) ainsi que le 2ème bat. du 73ème rgt. (Highland) qui reculent en désordre.

Le général Friant, qui vient d'être blessé retourne près de l'Empereur pour lui annoncer que "Tout va bien". Car les faits se déroulants sur une hauteur, il est impossible de les voir des lignes Françaises. C'est vraisemblablement à ce moment que Napoléon fait mettre en colonne d'attaque sa Vieille Garde pour attaquer les Prussiens, en effet l'Empereur n'a aucune raison de porter une attaque à un endroit ou "Tout va bien", sachant que les Prussiens menace très sérieusement sa droite, c'est la qu'il décide de se porter. Ensuite il fera faire manoeuvrer sur sa droite la Garde qui vient de monter dès qu'elle en aura fini avec les Anglais, puis il remontera à la Belle alliance rechercher le 1er de la Garde, le lancera sur Plancenoit, puis après en avoir chassé les Prussiens continuera sa marche avec les troupes de la Garde déjà présentent à Plancenoit droit sur les Prussiens. Le tout en appui avec la ligne. C'est en tout cas le scénario le plus vraisemblable, maintenant que l'on pense l'armée de Wellington sur le point de rompre, on va se porter tout naturellement au devant des Prussiens, mais cela n'est que mon opinion.

Le Général Belge Chassé, ancien officier Impérial, fait avancer la batterie Van der Smissen et prend de flanc le carré du 3em Grenadiers de la Garde déjà mal en point . Sortant de sa réserve, la brigade Detmer forte de 3000 hommes écrase le faible carré Français qui doit contenir moins de 400 hommes maintenant. Les grenadiers refoulés et rompus sont rejetés au bas de la pente, gravie si chèrement.


Le 4ème Grenadier ( Un seul bataillon) avec à sa tête le général Harlet, engage pendant ce temps la droite de la même Brigade Colin Halckett, le 2ème bat. du 33em rgt (1er West Riding) et le 2èm bat. du 69èm rgt. (South Lincoln) .Bien que fortement ébranlé, les Coalisés résistent. Halkett le drapeau du 33ème à la main, tombe griévement blessé. Les balles pleuvent de part et d'autre. "C'est à qui tuera le plus longtemps", rapporte un soldat Anglais.


L'Empereur Napoléon 1er
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Image Épisode célèbre, le bloc composé du 1er et 2ème bataillon du 3ème Chasseurs emmené respectivement par ses chefs le général Michel et le Colonel Mallet s'avance en direction du chemin creux de l'Ohain, distant de quelques dizaines de mètres. Devant eux un champ de blé, jaune doré d'abord, puis soudainement rouge, puis feu. Les 2000 gardes de Maitland rangés sur quatre rangs se lèvent d'un bond et fusille la Garde à moins de vingt pas. Ils étaient couchés attendant l'attaque de la Garde. Un drôle de diable sorti d'une drôle de boîte. Wellington en personne les commande, il est au bon endroit au bon moment. Le hasard porte un uniforme d'officier des carabiniers Français.

Le choc est effroyable, après le "carton" de l'artillerie sur ces Chasseurs, la fusillade tue net presque la moitié des deux bataillons. La ligne loin dérrière declarera que la fusillade était si intense qu'ils n'entendait plus leur propres coups de fusils. Il ne doit guère rester plus de 400 hommes maintenant. A la prochaine salve, si un Anglais sur cinq fait mouche, l'échelon sera purement et simplement anéanti. Aussi brave soit il, aucun guerrier n'arrête les balles. Le général Michel est tué net. L'attaque est brisée, les premiers rangs sont fauchés, il faut désormais enjamber les cadavres. Comme si l'ouragan n'était pas suffisant, les batteries Anglaises Ramsay et Bolton crachent leur mitraille sur les flancs de cette misérable poignée d'hommes. Malgré tout, la Garde essaie de former une ligne pour répondre au feu Anglais. On se fusille encore, les rangs Français s'éclaircissent, les Gardes de Maitland désormais rassurés à près de 10 contre 1 chargent à la baïonnette. Contre toute attente, et fidèle à elle même, la Garde, ou ce qui l'en reste, attend l'assaut, obligeant les batteries Anglaises à cesser le tir, pour ne pas blesser les leurs. Instant de répit sur les flancs pour prendre de face un choc dont l'inertie de la masse seule fit décrocher les survivants Français. Les débris des deux bataillons de Chasseurs sont balayés du plateau, et se retrouvent en bas de la pente, Anglais et Français pêle-mêle.


Image Le bataillon du 4ème Grenadiers suivant son chef; le général Henrion, débouche soudain et tente de dégager ses compagnons d'armes qui viennent d'être refoulés. Les Gardes de Maitland à sa vue remontent les pentes aussi vite qu'ils l'ont descendu. Chasseurs survivants et Grenadiers se reforment et remontent à l'assaut, de nouveau sous la mitraille. À peine franchi le chemin d'Ohain, la brigade Adam forte d'un bataillon du 52ème (Oxfordshire), du 71 ème léger (Highland) et de six compagnies du 95ème Rifles, qui s'était portée en potence sur les flanc de la Garde ouvre le feu. La Garde meurtrie est de nouveau fusillée. Les Gardes Anglais de Maitland, s'arrêtant de courir font demi tour et recommence à tirer sur les Français, épaulés par la brigade de Colin Halkett . Comme si cela n'était pas suffisant, les Hanovriens de William Halkett débouchant d'Hougoumont fusillent dans le dos les survivants Français. Le Colonel Mallet tombe mortellement blessé. Les Coalisés voient néanmoins avec stupeur les débris du bataillon des Chasseurs se déployer face au Gardes de Maitland, les Grenadiers faisant marche sur la brigade Adam. La fusillade continue. Le colonel Colborn entraîne le 52ème à la baïonnette, puis toute la troupe Coalisée à sa suite, les Chasseurs et les Grenadiers sont refoulés par cette marée humaine et retraitent, c'est la déroute.
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 14:14    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

7) La débâcle


La Garde meurt
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Image Le cri de "la Garde recule", va sonner le glas de la Grande Armée. L'inconcevable était arrivé. Pas tout à fait, car comme cela est expliqué dans l'annexe "Garde Impériale", certains soldats de l'ex Moyenne Garde portaient des bonnets à poils, d'où la confusion. Pour les Anglais d'abord, qui crurent avoir repoussé la Vieille Garde, puis pour les Français qui prirent les débris de la Moyenne Garde pour la Vieille Garde. En tout cas, dans l'esprit qui régnait à ce moment là sur le front, la seule vue de la Garde repoussée aura servie de déclencheur. Mais ne nous y trompons pas, la Vieille Garde ne serait très vraisemblablement pas passée non plus. Ce n'est pas la qualité des soldats qui est en cause.

Des rumeurs de trahisons circulaient depuis quelques jours, on avait retrouvé des cartouches bourrées de son à la place de la poudre, la défection du Général Bourmont passé à l'ennemi avec son état-major, les manoeuvres désorganisées et les attaques inefficaces avaient semé le doute parmi les soldats. L'enthousiasme montré par les Français n'était il pour eux qu'une façon de se rassurer, d'essayer de conjurer le sort ?. Une phrase de l'Empereur revient en mémoire, "Je gagne mes batailles avec les rêves de mes soldats endormis" . De quoi révaient t'ils ces soldats, de paix , de foyers avec femme et enfants ?. De cour Royale et de privilèges désormais perdus ?

Aux cris de "La Garde recule", l'infanterie et les débris de la cavalerie qui devaient seconder l'attaque s'arrêtent net, pétrifiés, et commencent à redescendre la pente. Les têtes de colonnes Prussiennes abordent les fantassins de Durutte à Papelotte. Un autre cri "Sauve qui peut, nous sommes trahis!!" se fait entendre sur le champ de bataille, la déroute commence.

Quelques soldats qui se battaient encore sont balayés, les Prussiens se ruent à l'assaut. De la gauche à la droite, la ligne Française cède et se débande.


Image Wellington s'avance sur le bord du plateau et agite son chapeau, c'est l'assaut des troupes Coalisées sur les fuyards, 40 000 hommes se ruent sur les débris de l'armée Française. A cette vue, le peu d'infanterie qui tenait encore ses lignes fait demi tour et regrimpe vers la Belle Alliance, on abandonne Hougoumont, la Haye Sainte. La cavalerie Coalisée soudain plus courageuse, sabre les fuyards aux cris de "No quarter!"(Pas de quartier). C'est la plus épouvantable confusion. Napoléon qui préparait l'attaque de la Vieille Garde, sait maintenant qu'il est vaincu, mais espère organiser une retraite cohérente. Il fait rompre la colonne d'attaque de la Vieille Garde et la fait établir en carrés par bataillon, pour mémoire le 2ème bat.du 2ème Grenadiers , commandé par Roguet, le 2eme bat. du 2ème Chasseurs avec pour chef Christiani, et le 2ème bat. du 1er Chasseurs avec à sa tête le futur légendaire Cambronne. Ils sont positionnés à environ cent mètres sous la Haye Sainte, le carré de droite sur la route de Bruxelles.

Les fuyards passent à coté des ces carrés, les hussards de Vivian se refusent à les combattre, les contournent pour sabrer les fuyards, proie plus facile. D'autres cavaliers coalisés les suivent, Napoléon lance contre eux ses escadrons de service qui sont submergés. Non loin de la route, Ney tête nue, l'uniforme déchiré et le visage noir de poudre, n'a plus qu'un tronçon d'épée à la main. Il court rallier la brigade Brue de la division Durutte, seule troupe de ligne qui se replie en bon ordre, les jettent dans la bataille en hurlant, "Venez voir mourir un Maréchal de France". La brigade est dispersée rapidement. Ney refuse de quitter le champ de bataille, et entre dans un carré de la Garde. Les trois bataillons de la Garde repoussent sans peine la cavalerie, mais les carrés sont une proie facile pour les fusiliers ennemis. Les trois bataillons sont cernés de toutes part, mitraillés par l'ennemi, les canons Anglais tirent à 60 mètres. L'empereur ordonne à la Garde de quitter cette position intenable et de battre en retraite. Il galope ensuite vers la Belle Alliance


Les bataillons de la Vieille Garde rejoints par le bat. du 3ème Grenadier de Poret de Morvan, placé précédemment en réserve, entament leur retraite pas à pas. Bientôt les carrés sur trois rangs deviennent triangles sur deux rangs, tant les pertes sont lourdes. On trébuche à chaque pas, tous les cinquante mètres il faut s'arrêter pour repousser une charge de cavalerie ou répondre à un feu d'infanterie. La retraite est considérablement gênée par les fuyards, la marche entravée par les cadavres.La Garde est écharpée par les coalisés et bousculée par la ligne en déroute. Elle rétrograde entourée de l'ennemi qui est à portée de voix. Des officiers Anglais crient à ses vieux soldats de se rendre. Exaspéré par la situation catastrophique et les incessantes sommations de l'ennemi, Cambronne à cheval au milieu d'un carré leur lança son fameux "Merde!!" L'on prétend qu'un sous officier rajouta" La Garde meurt, mais ne se rend pas". Cambronne tombera de cheval quelques instants plus tard, blessé à la tête par une balle, inconscient. Le célébre tableau Anglais montrant Halkett faisant prisonnier Cambronne au beau milieu de la Garde n'est qu'un tableau de gloriole parmi de nombreux autres). Cambronne sera fait prisonnier et épousera par la suite une.... Anglaise.

Il semble que le fameux "Merde" du général Cambronne soit un euphémisme, car plusieurs témoins ont déclaré : "Cambronne a dit aux Anglais d'aller se faire f.....!" Il y eut même un procès à ce sujet. En tous cas, la bonne version ne sera jamais connue. Seule certitude, Cambronne a dit quelque chose à l'adresse des Anglais, et ça n'était sûrement pas un compliment. Et au fond cela n'est pas très important. La chose la plus ennuyeuse est de voir souvent Cambronne associé aux Grenadiers alors qu'il commandait des Chasseurs.


MERDE !!
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Image La déroute est totale, les carrés de la Garde qui ont rejoint maintenant le plateau de la Belle Alliance sont presque anéantis. Le crépuscule ajoute à cette vision sa touche d'horreur. La confusion est telle que certains cavaliers Coalisés se chargent mutuellement, la brigade Adam est prise pour cible par l'Artillerie Prussienne.

Dans Plancenoit, c'est toujours le carnage, la Garde demeure inexpugnable. Les Prussiens des divisions Hiller, Tippelkirsh et Ryssel doivent prendre le village rue par rue, maison par maison, pièces par pièces. La résistance est farouche. Le village est en feu, les débris incandescents s'abattent sur les combattants, les toits de chaume s'embrasent. C'est un véritable enfer. Un bataillon entier de la Jeune Garde est exterminé dans le cimetière. Son chef, Duhesme est mourant. Plancenoit sera le tombeau de la Jeune Garde. Le Tambour-Major Stubert du 2ème grenadiers assomme les Prussiens avec le pommeau d'argent de sa canne. On s'égorge comme à Ligny. Le Major Prussien Von Damitz, est obligé de constater: "Il faut anéantir les Français pour s'emparer de Plancenoit".

Malgré une défense héroïque, la Garde, ou du moins ce qu'il en reste, submergée est chassée du village. Le général Pelet qui se trouve au milieu de l'ennemi avec une poignée d'hommes et le porte-aigle des chasseurs de la Vieille Garde rallie ses troupes qui reforment un carré au milieu de la cavalerie Anglaise, "A moi chasseurs de la Vieille Garde, sauvons l'Aigle ou mourrons près d'elle" *. Tous les Gardes valides entendant ce cri retournent se rallier autour de leur emblème. De Plancenoit déboulent pêle-mêle Français et Prussiens.

* Le mot "Aigle" utilisé pour désigner un emblème est de genre féminin.

À Rossome, les deux impressionnants carrés du 1er grenadiers de la Garde font blocs. C'est le corps d'élite de la Garde, l'élite de l'élite, la crème de la crème, vous dirons les Anglo-saxons. Quatre sur dix sont légionnaires (Récipiendaire de la légion d'honneur). Presque tous ont plus de quatorze ans de service, et les soldats à trois brisques n'y sont pas rare (La brisque est un chevron qui se porte sur la manche entre le coude et l'épaule, chacune d'entre elle indique que son possesseur à effectué sept ans de service). La taille moyenne du régiment est d'un mètre quatre vingt dix. Ces titans ont pris position devant la maison Decoster à gauche et à droite de la route.

Autour d'eux, le sol est jonché de cadavres et de chevaux d'imprudents ennemis venus provoquer ces briscards. Il y a aussi des cadavres de Français qui voulaient chercher protection à l'intérieur des carrés. La sûreté des carrés est à ce prix. "Nous tirions sur tout ce qui se présentait, amis ou ennemis, de peur de laisser rentrer les uns avec les autres, c'était un mal pour un bien" dira le Général Petit, commandant ce régiment. Les carrés sont débordés par la droite ou par la gauche, toutes les charges ennemies sont repoussées.

Ces deux bataillons tiennent tête à deux armées. L'Empereur qui à un moment a trouvé refuge dans l'un de ces carrés, ordonne de quitter la position. Le 1er Grenadiers commence sa retraite couvrant les arrières du fantôme de l'armée. Il s'arrête tous les 200 mètres environ pour rectifier la face des carrés et pour repousser l'ennemi qui depuis un moment hésite de plus en plus à charger ces redoutes vivantes. Qu'importe, ils sont victorieux. La bataille est presque terminée, et personne n'a envie d'en être le dernier mort. L'empereur va rejoindre le 1èr bat. du 1er chasseurs de Duuring, apprend qu'il à repoussé une attaque Prussienne qui visait à couper la retraite de l'Armée. Il lui ordonne de suivre la colonne en marche, et de ce placer juste avant les grenadiers, qui ferment la marche. Plus tard, les Grenadiers du 1er de la Garde se mirent en colonne par section, l'ennemi n'osant plus l'attaquer. Blessée à mort, la Garde l'impréssionne toujours. L'épopée militaire Impériale vient de s'achever.

"Comme s'envole au vent une paille enflammée, s'évanouit ce bruit que fût la Grande Armée" V.Hugo "Les châtiments".



Image Sur le champ de bataille, près de 60 000 hommes gisent sur le sol, tués ou blessés. Certains blessés resteront sur le champ de bataille jusqu'au 21, attendant des secours débordés ou les pilleurs de morts. Charognards des champs de bataille, ils achèvent bléssés et mourants pour dérober uniformes ou le peu d'objets de valeur que détiennent ses braves. Les Anglais fusillent sur place ceux qu'ils surprennent. La haine est tenace, certains soldats Français blessés refusent les soins des ennemis. Des officiers de liaison Prussiens affirmeront que le lendemain des soldats de la Garde réfugiés dans les étages des maisons de Plancenoit les ont copieusement insulté et arrosé de cailloux, faute de munitions. Ceux là se battent encore.


Une des plus célèbre bataille de l'histoire vient de s'achever. Laissant à Napoléon le dernier mot "A Waterloo, à commencer par moi personne n'a fait son devoir". Phrase très dure surtout pour la Garde Impériale, pour donner une simple idée de son sacrifice, sur sept généraux Français morts à Waterloo, quatre appartenaient à la Garde. Je souhaite ne pas les citer car il me faudrait occulter les autres officiers , sous officiers et hommes de troupes.



ÉPILOGUE

Wellington sera reçu avec tous les honneurs en Angleterre, deviendra commandant en chef des armées, puis chef du gouvernement, il mourra en 1842.

Blücher sera lui aussi couvert de gloire, et vivra retiré jusqu'à sa mort en 1819.

Napoléon abdique en faveur de son fils, puis embarque à Rochefort pour se livrer aux Anglais. Trahi, il est exilé sur l'Ile de St Hélène, et délivré par la mort en 1821, vraisemblablement empoisonné par Montholon avec la complicité des Anglais.

La France subira une occupation Coalisée extrêmement pénible, la chasse aux "Bonapartistes" sera féroce et sans pitié. La France est de nouveau déchirée. Les Coalisés rétablissent les Bourbons sur le trône de France en parfaite illégitimité. Les Français n'en veulent plus, ils ne tarderont pas à le faire savoir.



Le retour de ses cendres, ou plus exactement de son corps, en France en 1840 donnera lieu à des scènes de ferveur. De nouveau, la France a basculé.

Les vieux soldats survivants ont ressorti leurs uniformes, la veille, bivouaquant comme au bon vieux temps autour de feux de camps, le froid est intense. Le cortège funèbre est suivi par ces vieux grognards, traînant la patte, mais d'une dignité touchante. Le maréchal Moncey, 87 ans, depuis huit jours suppliaient ses médecins de le faire vivre encore un peu pour "recevoir l'Empereur", aura à la fin de la cérémonie cette phrase qui résume bien la pensée des fidèles:


"A présent, rentrons mourir. "
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 14:17    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

Quelques photos prises à Braine-l'Alleud à la mi-mai (un samedi) dans l'avenue où j'habite

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Les femmes en tenue d'époque représentent les cantinières de l'armée napoléonienne.
L'armée draînait beaucoup de femmes dans son sillage, lavandières, cantinières, femmes mariées et femmes impudiques


Dernière édition par Cricri-FB le 08 Fév 2006 à 3:49; édité 1 fois
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 14:18    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

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WATERLOO, LA DERNIERE BATAILLE DE L’AIGLE…
18 juin 1815


par Christophe Bourachot ( lestafette@wanadoo.fr )

1815, face à l'Europe coalisée, à cette Europe des rois abreuvée par l'or anglais, Napoléon joue sa dernière pièce sur l'échiquier impérial.

«Waterloo, la fin d'un monde» " comme l'a écrit avec justesse le Commandant Henry Lachouque. C'est tellement vrai : plus rien ne sera désormais pareil après la chute de l'Aigle dans les plaines de Belgique. Waterloo, nom mythique pour tous les napoléoniens, lieu de pèlerinage où l'on croit encore entendre tonner les batteries anglaises, deviner sur les champs qui entourent le visiteur, des panaches de fumée, les cuirassiers chargeant sabre au clair, puis derrière, les cris des blessés, celui des mourants…

Par son histoire, Waterloo n'est pas cette «morne plaine» décrite sous la plume de Victor Hugo. C'est avant tout un «lieu de mémoire», un endroit vers lequel convergent toutes les émotions de l'amateur d'histoire impériale. C. B.



Le Colonel Trefcon était à Waterloo en tant que chef d'état-major de la 1ère division d'infanterie du corps d'armée du Général Reille. Dans son «Carnet de campagne» " réédité récemment il raconte cette fameuse journée :

«Nous étions sous les armes la pointe du jour et prêts à partir . Le général Reille donna l'ordre du départ à cinq heures du matin. En route, nous reçûmes un ordre du major général de nous arrêter pour nous nettoyer et faire à Manger. Cette nouvelle fut accueillie avec joie, car beaucoup de soldats mouraient de J'ai faim et parce que bien souvent, ils n'aiment pas se battre quand ils sont sales.

À huit heures nous reprîmes notre marche en avant. Nous nous arrêtâmes à la ferme du Caillou. L'Empereur y était avec un nombreux état-major . Il venait d'y déjeuner. L'Empereur fit appeler le général Reille et il eut une assez longue conversation avec lui [A neuf heures seulement, le corps de Reille arriva au Caillou. Reille et Jérôme y entrèrent. L'Empereur demanda à Reille son sentiment sur l'armée anglaise que ce général devait bien connaître, l'ayant souvent combattue en Espagne. (Henry Houssaye, " 1815», p.319). Note figurant dans l'édition originale de Trefcon].

De l'endroit où je me trouvais, je voyais parfaitement l'Empereur. Il avait l'air calme et le visage que je lui avais toujours vu. Après un court arrêta la ferme du Caillou, nous reprîmes notre marche. Nous nous portâmes à gauche de la grande route qui conduit à Bruxelles. L'Empereur nous passa en revue. Je ne puis me rappeler sans une grande émotion cette dernière revue et je ne puis mieux comparer le sentiment que j'éprouvai alors, qu'à celui que j'eus lorsque je traversai le Niémen en 1812.

L'enthousiasme des soldats était grand, les musiques jouaient, les tambours battaient et un frisson agitait tous ces hommes dont c'était pour beaucoup le dernier jour. Ils acclamaient de toutes leurs forces l'Empereur. Très près de nous, les Anglais nous voyaient et entendaient tous ces cris.

La revue passée, notre division reçut l'ordre de se porter à droite de la route de Bruxelles, vis-à-vis de la ferme [de la] Belle-Alliance et d'y prendre position. Il était très près de midi lorsque nous fûmes placés. La plus formidable bataille à laquelle il m'a été donné d'assister allait commencer.

Le combat ne s'engagea que vers une heure de l'après-midi.[Trefcon se trompe car la bataille commença à 11h30]

Au début de l'action, le général Reille donna l'ordre à la division d'infanterie du prince Jérôme Bonaparte de s'emparer de la ferme d'Hougoumont. Cette division formait la gauche du corps d'armée et elle se trouvait en position en face de cette ferme. La division s'élança sur cette position et fit des prodiges de valeur. Elle allait s'en emparer quand les Anglais, envoyant des renforts, la força à se replier après avoir éprouvé des pertes assez considérables. Le général de brigade Baudouin [Bauduin] fut tué. [Reille, grièvement blessé, fut transporté hors du champ de bataille et Jérôme Bonaparte, atteint d'une balle au bras, s'en vint rejoindre Napoléon.(Note figurant dans l'édition originale de Trefcon) ].

La division Jérôme se reforma et, augmentée d'une brigade de la division du général Foy, elle s'élança de nouveau à l'assaut d'Hougoumont. Le combat fut violent et dura jusqu'au soir, les adversaires s'emparant et reperdant tour à tour leurs positions. C'était un combat de géants !

À trois heures, le champ de bataille ressemblait à une véritable fournaise. Le bruit du canon, celui de la fusillade, les cris des combattants, toute cela joint au soleil ardent, le faisait ressembler à l'enfer des damnés !

La fleur de l'artillerie anglaise était si violent que leurs boulets et leur mitraille tombaient jusque sur notre division, bien qu'elle ne fut pas engagée et à une assez respectable portée de canon. Le général nous fit diriger alors sur le petit bois de Goumont, où vinrent également se rallier les débris des divisions Jérôme Bonaparte et Foy. Sous l'élan terrible de notre armée, les Anglais montraient une ténacité et un courage admirables. Toutefois, sans le secours des Prussiens, ils auraient été forcés de battre en retraite.

Ils tenaient bon ; la journée s'avançait et notre infanterie n'avaient pas pu les entamer. L'ordre fut donné à notre cavalerie de se lancer sur eux. Notre division occupait toujours, l'arme au bras, la même position. Nous n'avions pas encore donné. De l'endroit où je me trouvais, à la lisière du bois de Goumont, je voyais très bien le champ de bataille. Les charges de notre belle cavalerie fut certainement la chose la plus admirable que j'ai jamais vu [«Des escadrons ont percé l'armée anglaise dans son centre et sont venus se reformer derrière ma division, après avoir fait le tour du bois de Hougoumont».(«Vie militaire du général Foy ", p. 281). Note figurant dans l'édition originale de Trefcon].

Plus de dix fois ils s'élancèrent sur les Anglais et, malgré leur fusillade, parvenaient jusque sur leurs baïonnettes. Ils venaient se reformer autour du petit bois où nous nous trouvions et chargeaient à nouveau. J'étais ému plus que je ne puis l'exprimer, et malgré les dangers que je courais moi-même, j'avais les larmes aux yeux et je leur criai mon admiration ! Les carabiniers surtout me frappèrent. Je vis leurs cuirasses dorées et leurs casques briller sous le soleil, ils passèrent à côté de moi et je ne les revis plus !

Pendant la bataille, je n'ai pas revu l'Empereur, mais un des aides de camp du général Foy, qui à ce moment revenait du quartier général, me dit qu'il avait l'air calme et content.

Notre division et une brigade de la division du général Foy se trouvaient encore à six heures du soir dans la même position. Nous avions assisté jusqu'alors à la bataille sans y participer.

On a prétendu que nous avions été oubliés ! [ La division Bachelu et la brigade Jamin (division Foy), étaient depuis plusieurs heures à 1.300 mètres de la position des Alliés. Elles assistaient l'arme au bras à ce furieux combat ; elles n'attendaient qu'un ordre pour aller seconder la cavalerie. Ney les oublia. Ce fut seulement après l'échec de la quatrième charge qu'il songea à utiliser ces 6.000 baï- onnettes. Les six régiments marchèrent par échelons, en colonne de division à demi-distance. Les batteries les froudroyèrent et l'infanterie anglo-alliée, qui avait étendu en arc de cercle son front vers Hougoumont les cribla de feux convergents. «C'était une grêle de morts», dit Foy. En quelques instants quinze cents hommes, dont les généraux Foy, Bachelu, Campy et Jamin furent tués et blessés. On approcha tout de même à portée de pistolet mais les brigades fraîches de Duplat et de William Halkett ayant dessiné un mouvement offensif, les colonnes, tronçonnées par les boulets, durent battre en retraite.(Henry Houssaye, " 1815 ", p.387). Note figurant dans l'édition originale de Trefcon)].

À six heures, je me souviens avoir regardé ma montre, car la journée s'avançait, nous reçûmes l'ordre de sortir du bois de Goumont afin de seconder les efforts de notre cavalerie. A peine venions-nous de quitter le bois et de nous former en colonne de division qu'une Pluie de balles et de mitraille vint s'abattre sur nous. Je me trouvais à côté du général Bachelu lorsqu'il fuit atteint par plusieurs projectiles et eut son cheval tué sous lui. Le général de brigade ayant été blessé dans le même moment, je pris provisoirement le commandement de la division.

Emportés par notre élan et malgré leur feu, nous allions aborder les Anglais lorsqu'un renfort important leur arriva. Nul doute que sans cela ils eussent été contraints à reculer.

Un feu d'une violence inouïe nous accueillit au moment où nous touchions les Anglais de nos baïonnette. Nos soldats tombèrent par centaines, les autres durent battre précipitamment en retraite : il n'en serait pas revenu un seul [«On donna ordre aux divisions Bachelu et Foy de gravir le plateau, droit aux carrés qui s'y étaient avancés pendant la charge de cavalerie et qui ne s'étaient pas repliés. L'attaque fut formée en colonne par échelon de régiment. Bachelu formant les échelons les plus avancés. Je tenais par ma gauche à la haie. J'avais sur mon front un bataillon de tirailleurs. Près de joindre les Anglais, nous avons reçu un feu très vif de mitraille et de mousqueterie. C'était une grêle de mort. Les carrés ennemis avaient le premier rang, genoux en terre et présentaient une haie de baïonnettes. Les colonnes de la 1ère division prirent la fuite les premières : leur mouvement a entraîné celui de mes colonnes. En ce moment j'ai été blessé ; je suis resté sur le champ de bataille. Tout le monde fuyait. J'ai rallié les débris de ma division dans le ravin adjacent au bois de Hougoumont».( Vie militaire du général Foy, p.282). Note figurant dans l'édition originale de Trefcon.]

Je reçus deux fortes contusions à la poitrine et j'eus mon cheval tué sous moi d'un coup de mitraille. Dans ma chute je me foulai le poignet gauche. La violence du choc et la douleur que j'éprouvai me firent perdre connaissance. Fort heureusement pour moi, mon évanouissement fut de courte durée et j'eus bien vite repris tous mes esprits. Abrité derrière le corps de mon cheval, je laissai passer une charge de dragons anglais poursuivant notre malheureuse division.

Une fois les Anglais assez éloignés, je cherchai à m'orienter de façon à rejoindre un corps français, sinon j'étais pris par les Alliés qui parcouraient la plaine en tous sens. Je vis à une courte distance une troupe qui se ralliait dans le petit ravin situé près du bois de Hougoumont. Je me dirigeai vers elle le plus rapidement possible et avec d'infinies précautions. C'étaient les débris des divisions Bachelu et Foy qui se reformaient. Mon état ne me permettait pas de rester au combat. Je me portai en arrière.

Il était à peu près huit heures du soir. La fusillade s'éteignait petit à petit et nos troupes avaient perdu la plupart de leurs positions. Pour tous ceux qui savaient ce qu'est la guerre, la bataille était perdue.

Comme je me dirigeai vers la place où je croyais trouver les ambulances, je rencontrai un vieux chef d'escadrons de cuirassiers que j'avais connu autrefois en Espagne. Il était également blessé et cherchait les ambulances. S'approchant de moi il me dit :

- «Mon pauvre colonel, nous sommes bien malheureux. La bataille est perdue !»

J'étais furieux et je crois bien lui avoir répondu des grossièretés.

Le chef d'escadrons ne me dit plus rien ; il hochait tristement la tête et avait l'air hébêté... Il me faisait pitié. Ne trouvant pas les ambulances, nous continuâmes notre route dans la direction de Genappe. La route était déjà pleine de fuyards, de toutes armes et de tous grades qui criaient :

- «Nous sommes trahis ! Sauve qui peut !» et bousculaient tout sur leur passage.

Le désordre était à son comble. Il dépassait en horreur celui que j'avais vu lors du retour de Russie et de la retraite de Leipzig…»




Quelques chiffres… (Alain PIGEARD : «Dictionnaire de la Grande-Armée (Paris. Tallandier, 2002)

Forces françaises : Garde, 1er, 2ème, 6ème corps, 3ème et 4ème corps de réserves de cavalerie. [71 000 hommes]

Forces anglo-hollando-belges : 85 000 hommes

Forces prussiennes : 127 000 hommes (les quatre corps prussiens).

Pertes françaises : environ 20 000 tués et blessés

Pertes alliées : environ 20 000 tués et blessés dont 7000 prussiens.


Sources :

Colonel TREFCON : «Carnet de campagne, 1793-1815» (A la la Librairie des Deux Empires, 2003 ; diffusion par Le Livre chez Vous (01 40 61 97 67).

Très nombreux sont les témoignages sur cette bataille. Citons Marbot, Bro, de Brack, Heymès, Lemonnier-Delafosse, Curély, Capitaine Vincent Bertrand…

Les ouvresges du commandant Lachouque sur le sujet («Waterloo, la fin d 'un monde» et «Le secret de Waterloo») restent de bonnes références.

Signalons enfin la fameuse série publiée par les Editions de La Belle-Alliance, dont une dizaine de numéros restent à paraître…

Concernant les effectifs des troupes présentes à Waterloo et leurs pertes, il faut Livre l'C'est excellent !e étude du Lieutenant-Colonel honoraire de l'armée belge André Bikar («18 juin 1815 : Les pertes à la bataille de Waterloo : Légende et Réalité», in «Bulletin de la Socéité Belge d'Etudes Napoléoniennes», n°11, année 1990).
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 14:19    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

Waterloo

Waterloo, la "morne plaine" de Victor Hugo, doit sa renommée au duc de Wellington. C'est de son quartier général qu'il rédigea le message de la défaite de Napoléon dans la bataille de Mont-Saint-Jean ou de la "Belle Alliance". Bien que les combats se soient surtout déroulés sur Braine-l'Alleud et les communes environnantes, l'histoire la commémore sous le nom de "bataille de Waterloo" avec son monument de la "butte du Lion".

Après avoir été un hameau de Braine-l'Alleud, Waterloo devient à la fin du 18ème siècle une commune à part entière. A une vingtaine de kilomètres de Bruxelles, dans la jeune province du Brabant wallon, elle joue aujourd'hui un important rôle économique, touristique et culturel de par le dynamisme de ses sociétés nationales et internationales, de ses commercants et le haut niveau culturel de ses habitants, venus de tous les coins du monde.
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 14:20    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

Extrait de la Loi sur l'Ere républicaine

Du 4 Frimaire , an II

Extrait du " Recueil des lois et règlements pour les neufs Départements réunis par la Loi du 9 Vendémiaire, an V "


Art 1er : L'Ere des Français compte de la fondation de la république, qui a eu lieu le 22 septembre 1792 de l'ère vulgaire, jour ou le soleil est arrivé à l'équinoxe vrai d'automne, en entrant dans le signe de la balance à 4 heures 18 minutes 30 secondes du matin, pour l'observatoire de Paris.

2 : L'ère vulgaire est abolie pour les usages civils.

3 : Chaque année commence à minuit, avec le jour où tombe l'équinoxe vrai d'automne pour l'observatoire de Paris.

4 : La première année de la République française a commencé à minuit le 22 septembre 1792, et a fini à minuit séparant le 21 du 22 septembre 1793.

5 : La seconde année a commencé le 22 septembre 1793 à minuit, l'équinoxe vrai d'automne étant arrivé ce jour là, pour l'observatoire de Paris à 3 heures 11 minutes 38 secondes du soir.

6 : Le décret qui fixait le commencement de la seconde année au 1er janvier 1793 est rapporté, tous les actes datés l'an second de la République, passé dans le courant du 1er janvier au 21 septembre inclusivement sont regardés comme appartenant à la première année de la République.

7 : L'année est divisée en douze mois égaux, de trente jours chacun : après les douze mois suivent cinq jours pour complèter l'année ordinaire; ces cinq jours n'appartiennent à aucun mois.

8 : Chaque mois est divisé en trois parties égales, de dix jours chacune, qui sont appelées " Décades ".

9 : Les noms des jours de la décade dont :
Primedi
Duodi
Tridi
Quartidi
Quintidi
Sextidi
Septidi
Octidi
Nonidi
Décadi

Les noms des mois sont :
Pour l'Automne : Vendémiaire - Brumaire - Frimaire
Pour L'Hiver : Nivôse - Pluviôse - Ventôse
Pour le Printemps : Germinal - Floréal - Prairial
Pour l'Eté : Messidor - Thermidor - Fructidor

Les cinq derniers jours s'appellent les " sans-culottides"

10 : L'année ordinaire reçoit un jour de plus, selon que la position de l'équinoxe le comporte, afin de maintenir la coïncidence de l'année civile avec les mouvements célestes. Ce jour, appelé jour de la révolution, est placé à la fin de l'année et forme le sixième "Sans-culottides ". La période de quatre ans, au bout de laquelle cette addition d'un jour est ordinairement nécessaire, est appelé la Franciade, en mémoire de la révolution qui, après quatre ans d'efforts, à conduit la France au gouvernement républicain. La quatrième année de la Franciade est appelée Sextile.

11 : Le jour, de minuit à minuit, est divisé en dix parties ou heures, chaque partie en dix autres, ainsi de suite jusqu'à la plus petite portion commensurable de la durée. La centième partie de l'heure est appelée minute décimale; la centième partie de la minute est appelée seconde décimale. Cet article ne sera de vigueur pour les actes publics, qu'à compter du 1er vendémiaire, l'an trois de la République.

14 : Tous les actes publics seront datés suivant la nouvelle organisation de l'année.

15 : Les professeurs, les instituteurs et institutrices, les pères et mères de famille, et tous ceux qui dirigent l'éducation des enfants, s'empresseront à leur expliquer le nouveau calendrier conformément à l'instruction qui y est annexée.

16 : Tous les quatre ans, ou toutes les Franciades, au jour de la Révolution, il sera célébré des jeux républicains en mémoire de la révolution française
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 14:22    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

Pour connaître les chants républicains et de l'Empire => http://www.48eme-de-ligne.com/chansons.htm

site du 48ème Régiment de Ligne 1800-1807 - Groupe de reconstitution historique

Merci à la 48ème demi-brigade de ligne
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 14:25    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

La 8ème à SECLIN 2005

du 26 au 28 mai

http://home2.scarlet.be/jiemte/seclin2005.htm

Nous avons été chaleureusement accueillis par le célèbre 85ème de ligne, organisateur de l'évènement.

Le soleil a été de la partie tout le week-end, quelques grenadiers bien cuits à la clé!

En plus de nos exercices et manoeuvres, nous avons fait face au Highlanders et au Jägers lors des escarmouches du samedi et dimanche après-midi. Au côté du 48ème, 30ème et du 85ème de ligne, nous avons remporté une grande victoire sur les envahisseurs.

Le 1er chasseurs à cheval et le canon de Marcel Cortvrint étaient aussi de la partie.

Lors de cet événement, le samedi soir, le 85è de ligne s'est vu remettre son Aigle ( modèle 1812 ) pendant une cérémonie qui n'a pas manqué de prestige et de solennité.


Quelques photos :

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Photos très aimablement transmises par Mr Jean Luc Hubert qui était présent lors de l'événement, merci à lui


Dernière édition par Cricri-FB le 27 Sep 2005 à 14:28; édité 2 fois
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MessagePosté le: 27 Sep 2005 à 14:26    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

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